Conseils et vidéos pour la première épreuve de l’examen technique hors circulation, dite “plateau”, du permis de conduire moto (catégories A et A1), celle appelée “maniabilité sans moteur et vérifications mécaniques”, communément appelée “sans moteur et vérifications”, ou plus vulgairement “poussette et vérifs”.
1. Maniabilité sans moteur
Il s’agit de pousser la moto à la main, sans l’aide du moteur, entre des portes de 1,20 m délimitées par des cônes de 20 cm en plastique disposés à un intervalle de quatre mètres.
Vous avez le droit de marcher en dehors des portes, mais la moto doit impérativement passer dans les portes.
Vos pieds peuvent passer dans ou en dehors de chaque porte. Vous pouvez vous tenir à gauche (c’est ce qui se fait en général, plus facile pour béquiller et débéquiller) ou à droite de la moto. Vous avez le droit de vous arrêter en cours de parcours, mais sans béquiller. Vous pouvez tenir la moto comme vous voulez, à une main ou deux mains, une main devant et l’autre derrière, posées où bon vous semble.
Le parcours lui-même ne présente aucune difficulté, mais vous devez ramener la moto bien en face de la porte de départ, proprement béquillée, pour qu’elle soit prête pour le candidat suivant.
Cela impose d’effectuer un large demi-tour pour pouvoir arriver bien dans l’alignement de la porte.
N’hésitez pas à aller loin, vous avez le droit de sortir de la piste, prenez très large !
Important : il faut ramener la moto EXACTEMENT à l’endroit où vous l’avez prise, avec l’aplomb arrière de la roue arrière sur la ligne de pointillés.
Il s’agit d’un arrêt de précision, il ne faut pas s’éloigner de plus de 10 cm de cette ligne.
Arrivez avec un doigt sur le frein pour arrêter la moto un bon mètre avant la ligne et terminez en manoeuvrant la moto tout doucement pour la poser précisément au bon endroit.
Si vous dépassez la ligne, vous n’avez pas droit de faire marche arrière.
En marche avant, toujours garder un doigt sur le frein avant pour arrêter facilement la moto si on se sent entraîné par son poids.
Pousser vers l’avant avec les deux mains sur le guidon est assez facile, mais beaucoup de candidat(e)s éprouvent des difficultés avec la marche arrière sans moteur.
N’hésitez pas à mettre la moto un peu en appui sur vous, en posant le réservoir sur votre hanche. Vous avez le droit de marquer un arrêt en cours de parcours, par exemple pour changer le braquage du guidon.
Vous pouvez par exemple pousser la moto vers l’arrière avec la main droite sur la selle arrière, vous arrêter pour braquer ou redresser le guidon à deux mains, reprendre la marche arrière, vous arrêter de nouveau pour redresser ou contrebraquer, etc.
Pour visualiser les parcours, regardez ces vidéos :
http://www.youtube.com/watch?v=4UXR2K0ZwMU
http://www.youtube.com/watch?v=qBjQMez_zyg
http://www.youtube.com/watch?v=bm-drtblb2k
Conseils
Le corps doit être proche de la moto. Si on n’est pas assez costaud(e) pour tenir la moto à bout de bras, ne pas hésiter à appuyer le réservoir contre la hanche et mettre la moto en appui sur soi pour lui garder son équilibre.
Planter les pieds par terre, bien écartés, les jambes légèrement fléchies, assurer son équilibre.
Le regard doit porter dans la direction où on veut aller, loin et haut. Ne pas regarder au sol, ni la moto.
Pour la marche arrière : en se plaçant à côté de la moto, à peu près au milieu au niveau du centre de gravité, saisir une poignée du guidon d’une main et poser l’autre sur l’arrière de la selle (ou sur une poignée de maintien passager ou sur les barres de protection de la moto).
Pousser doucement et fermement, en faisant porter le poids du corps sur le bras qui appuie sur l’arrière de la moto, en position arqueboutée.
Poussez avant tout sur les jambes : le poids du corps doit entraîner la moto, le guidon sert juste à donner la bonne direction en orientant la roue avant, inutile de tirer dessus comme un âne.
* * *
2. Vérifications mécaniques
Viennent ensuite les vérifications mécaniques de la machine : une explication rapide à l’examinateur sur trois fiches comprenant chacune cinq points de vérification de la moto et un point d’équipement motard.
Soyons bien clairs : il ne s’agit de ne parler que d’une seule fiche parmi trois, pas des trois à la suite.
Les trois fiches sont les suivantes:
- la chaîne cinématique et la notice d’utilisation ;
- la partie-cycle et les gants ;
- les accessoires de sécurité et le casque.
Vidéos :
Si vous n’avez pas pu réviser assez souvent sur la moto, voici une série de vidéos qui vous rappelleront les gestes à accomplir:
Fiche chaîne cinématique
Fiche partie-cycle
Fiche accessoires de sécurité
http://www.youtube.com/watch?v=K8u9lPzoXXg
http://www.youtube.com/watch?v=V9qJ4fU1zCo
http://www.youtube.com/watch?v=UdnlJIjmbIc
Astuces
Pour ne rien oublier, un petit truc : procéder en haut en bas et de l’avant vers l’arrière de la moto.
Pour la chaîne cinématique, on parle de tout ce qui concerne la transmission du mouvement (cinéma vient du grec kinéma, qui signifie “mouvement”), depuis le moteur jusqu’à la roue arrière, et seulement de ce qui touche au moteur. Commencez avec ce qui entre dans le moteur (contact et allumage, coupe-circuit), puis les commandes moteur (l’accélérateur, l’embrayage). Puis descendez sur le moteur, avec les fuites, les suintements, le niveau d’huile moteur. Enfin, finissez avec ce qui sort du moteur : la chaîne de transmission secondaire.
Pour la partie-cycle, on parle de tout ce qui concerne les roues (cycle vient du grec kukios qui signifie “roue” ou “cercle”). Allez de haut en bas de la fourche pour vérifier les quatre grandes fonctions : direction (guidon et tés de fourche), suspension (avant et arrière), freins (avant et arrière), pneus (avant et arrière).
Pour les accessoires de sécurité, on part de tout ce qui fait qu’une moto est homologuée pour la route, de ce qui n’existe pas sur une moto de compétition. Partez d’en haut à l’avant (rétroviseurs) et suivez en décrivant tout ce que vous voyez vers le bas, puis vers l’arrière.
Conseils
Vous devez montrer les organes concernés, expliquer les opérations à effectuer, et accomplir quelques gestes simples.
Mais n’entrez pas trop dans les détails et ne vous lancez pas dans des opérations compliquées (comme contrôler le niveau d’huile moteur), sauf si l’inspecteur vous le demande.
Rappelez-vous bien que l’inspecteur entend la même chose dix ou vingt fois par jour. Ce qu’il déteste le plus est de perdre du temps.
Vous devez parler rapidement, ne pas hésiter, ne pas le faire attendre. Exercez-vous à parler devant un proche, à simuler l’examen pour ne pas rester paralysé(e) par le stress au moment de l’examen.
Vous avez droit à un oubli, autrement dit d’oublier un des six points de la fiche que vous aurez tiré.
Vous avez aussi le droit de commettre un hors-sujet, c’est-à-dire de parler d’une autre fiche ou d’un point d’une autre fiche. Cela arrive souvent, on a tendance à se mélanger les pinceaux.
Par contre, à partir de deux hors-sujet ou deux oublis, c’est raté.
Les candidats sont les seuls garants de cette partie de la formation qui consiste simplement à apprendre et retenir.
Ne croyez pas que vous devez forcément tout retenir absolument par coeur.
Il faut être capable de donner au moins cinq points, de préférence six, et de préférence dans l’ordre. Mais si vous les sortez en ordre inverse ou tout mélangés, ce n’est pas grave. Et si vous en oubliez un, l’inspecteur devrait vous poser une question pour vous relancer et vous mettre sur la piste.
Considérez que vous parlez à quelqu’un qui ne connaît absolument rien à la moto.
Vous pourrez parfois dire des choses qui vous paraissent évidentes, mais il y a des évidences qu’il faut rappeler et que vous devrez énoncer à l’examinateur.
Le minimum vital à dire est ce qu’il y a dans votre livret moto (et que vous trouverez résumé ici ou ici ou encore ici), mais ne vous en contentez pas !
Votre formateur vous donnera probablement plein d’autres éléments pour compléter.
Si ce n’est pas le cas, renseignez-vous, parlez-en avec d’autres motards, ou consultez quelques documents en ligne, comme le très complet guide des vérifications mécaniques des motocyclettes édité par la SAAQ de nos amis québecois.
Vous pouvez aussi tirer pas mal de choses de différents articles publiés sur mon site.
Il n’y a qu’une seule note pour ces deux premières épreuves de maniabilité sans moteur et vérifications mécaniques.
Il arrive souvent que les élèves se ramassent une note défavorable (c’est-à-dire un B car on ne peut obtenir la note C sur cette épreuve), parce qu’ils n’ont rien appris. Parce qu’ils ne se sont pas donnés la peine d’apprendre, parce qu’ils ont privilégié la pratique au détriment des connaissances théoriques qui font pourtant elles aussi partie de l’examen.
Il faut absolument essayer de décrocher la note “A” sur cette épreuve, afin de se tranquilliser pour la suite.
En effet, il vous faut au moins un “A” et aucun “C” pour valider l’examen plateau. De fait, si vous obtenez un “A” sur la première épreuve, vous pouvez vous permettre un “B” sur chacune des trois épreuves suivantes. Croyez-moi, c’est déjà une bonne partie de la pression psychologique en moins sur les épaules.