Quand je pars en déplacement à moto, j’emploie souvent un sac de selle. Mon top-case est tout le temps plein à craquer (voir l’article “Le nécessaire de sécurité à toujours emmener“) et je n’ai pas forcément envie de monter à chaque fois les deux sacoches de 35 litres en aluminium qui font passer à 1,20m la largeur de ma moto. D’où l’utilité d’un sac qui viendra se mettre en long ou à travers sur la selle.
Quel motard ne s’est pas un jour posé la question de la bagagerie adéquate sur sa machine ? Tout spécialement à l’heure de partir en week-end ou pour une semaine de voyage. Les solutions ne manquent pas, les inconvénients non plus.
Des valises rigides ? Elles coûtent cher pour une utilisation épisodique et toutes les machines ne les acceptent pas.
Des sacoches cavalières ? Pas toujours bien étanches, elles peuvent fondre sur les pots d’échappement et ne s’adaptent pas forcément au mieux.
Une sacoche de réservoir ? Sa capacité se révèle souvent limitée pour un trajet de plus d’une journée.
Un sac à dos ? Eprouvant pour les vertèbres, la nuque, les épaules.
Au final, le sac de selle, aussi appelé sac polochon en raison de sa forme ronde, pourrait bien se révéler la meilleure solution. Il devra toutefois se montrer d’une capacité suffisante pour emporter vos affaires pour une semaine, se charger facilement, résister à la pluie, s’arrimer solidement et rapidement sur l’arrière de votre moto, en largeur ou en longueur, où il devra résister au vent et aux vibrations d’un long trajet, voire à une chute. Et le tout, sans coûter une fortune.
J’ai essayé sept sacs de selle répondant à ce cahier des charges.
Dédiés à la moto ou non, d’une capacité comprise entre 35 et 90 litres, ils coûtent entre 20 et 120 euros. Certains sont fournis avec des sangles afin de faciliter l’arrimage, les autres nécessitent des tendeurs ou un filet extensible “araignée”.
Chacun a été utilisé au moins pendant plusieurs semaines, souvent plusieurs mois, voire plusieurs années, dans des conditions météo variées, afin de vérifier leur facilité de chargement, leur capacité d’emport et leur résistance à l’usure.
Je les ai classés par ordre décroissant de préférence.
Guy Cotten “Duo”, 90 euros
Chez l’équipementier nautique français Guy Cotten, un sac n’est déclaré étanche que s’il résiste à une immersion totale. Même étiqueté “semi-étanche”, ce sac “Duo” s’est révélé 100% imperméable. J”ai d’ailleurs utilisé son prédécesseur “Toutosec” pendant des années sous des pluies battantes, sans que le contenu fusse ne serait-ce qu’humide.
La large fermeture-éclair est protégée par une languette elle-même fixée par velcro, ce qui empêche totalement l’eau de passer.
La nouveauté de ce modèle par rapport au Toutosec se résume à sa grande capacité d’environ 80 litres et la présence à l’intérieur d’une immense poche, étanche et fermée par zip, afin d’y mettre des affaires mouillées sans humidifier le reste du contenu. Le matériau extérieur Ferrasac est 100% étanche et résistant car assemblé par soudure, donc sans coutures. La bandoulière est réglable, amovible et peut se ranger dans la pochette extérieure zippée.
Petite astuce: une des sangles latérales est réglable afin de glisser dessous des objets longs.
Le fond lisse et souple peut glisser sur certaines selles.
Disponible en coloris noir-jaune, noir-bleu et noir-rouge.
Pour trouver un revendeur Guy Cotten, voir ici.
Pourquoi je le préfère ? Parce qu’il est grand, très capacitif, pratique, simple, solide, facile à arrimer et pas si cher que ça.
Ortlieb “Q”, 71 euros
Le sac polochon dans toute sa splendeur. Les sacs “Q Rack” de l’allemand Ortlieb brillent par leur simplicité: une grande poche et c’est tout.
D’une capacité de 30, 50 ou 90 litres selon les modèles, ils sont absolument étanches à tout: eau, poussière, boue, neige et sable. Une étanchéité garantie par la grande fermeture clipsée enroulable sur toute la longueur du sac, qui permet de plus un accès facile au contenu.
Pour le transporter, deux solides poignées et une bandoulière amovible avec renfort d’épaule rembourré. Pour bien le fermer, même quand le sac n’est pas rempli, deux sangles latérales et deux cordelières sur la fermeture, réglables et verrouillées par clips.
Le seul défaut est de ne pas inclure d’origine de sangles de fixation, il faut utiliser des tendeurs ou acheter des sangles en option (compter de 4 à 8 euros). J’utilise depuis des années un modèle XL noir de 90 litres, aussi solide et étanche qu’au premier jour. L’étanchéité est telle que même l’air ne passe pas: le sac peut servir de bouée en cas de naufrage !
Disponible en coloris noir ou jaune fluo.
Les sacs Ortlieb sont distribués en France en exclusivité par Touratech, dans leur magasin d’Orange ou sur leur boutique en ligne.
Je le recommande surtout pour sa capacité d’emport, sa solidité et sa facilité de remplissage.
BMW Motorrad “Sac polochon 2″, 119 euros
La nouvelle version du sac polochon BM reprend les fondamentaux de son prédécesseur: un matériau gris argent bien visible, étanche et résistant, avec une tirette TiZip étanche qui s’ouvre en diagonale sur presque toute la longueur du sac pour remplir facilement les 50 litres de capacité.
Livré avec bandoulière amovible, le sac s’arrime avec deux jeux de 4 sangles (fournies), courtes et longues, qui se fixent au sac par des clips bien conçus. Les longues peuvent se passer sous la selle et y rester à demeure si vous utilisez souvent le sac.
Un bon point: la pochette filet qui vient recouvrir la fermeture, ce qui permet d’y glisser non seulement les sangles, mais aussi des petits objets, comme une bouteille d’eau. Cette pochette est réversible avec un côté jaune fluo à haute visibilité.
Bonne idée aussi, le fond rigide amovible. Autre nouveauté, les anses pour porter le sac plus facilement, avec poignées en néoprène.
Le seul point faible pourra se situer au niveau de la fermeture: celle-ci s’avère plus “dure” à ouvrir et fermer qu’une fermeture-éclair “normale”, d’où la nécessité de la lubrifier de temps en temps (selon la fréquence d’utilisation). L’étanchéité du système est parfaite, mais sa solidité peut poser problème (un souci connu sur la première version). La fermeture étant indissociable du sac (fixée par thermo-soudure), une défaillance rend le sac inutilisable, sauf à l’échanger pendant la période de garantie d’un an.
Ce sac est bien entendu disponible chez les concessionnaires moto BMW, dont certains possèdent une boutique web.
Je l’apprécie pour ses côtés pratiques, malgré une capacité moyenne.
Cameron “Griffith”, 49 euros
Avec ses 35 à 40 litres de capacité, le Griffith est un peu le petit frère du sac Ortlieb, dont il reprend le système de fermeture: la large ouverture sur toute la longueur se roule pour assurer l’étanchéité, puis 4 clips, en transversal et aux extrémités, viennent assurer sa fermeture. Un système simple et efficace.
Le fond rigide (non amovible) assure une bonne tenue sur les surfaces planes, mais empêche d’épouser les formes complexes de certaines selles.
Le fabricant français Cameron, filiale de Bering, y ajoute une bandoulière réglable et amovible avec renfort plastique sur l’épaule, une pochette filet (bien pratique pour y ranger les sangles et la bandoulière), des surfaces réfléchissantes sur les côtés, et deux poignées reliables par velcro.
Ce sac est par ailleurs le seul à être fourni avec deux tendeurs élastiques, bien solides et dotés de crochets type “sandow” aux deux bouts. Le matériau extérieur noir (avec logo orange) en FibreTech 600 deniers s’avère étanche, résistant à l’usure et à la chute. Dommage que son enduction s’accompagne d’une tenace odeur de pétrole…
Un bon sac de capacité moyenne, pratique pour les déplacements quotidiens, voire pour un week-end.
Disponible chez tous les revendeurs Bering.
Kathy’s Journey “Super Duffel”, 98 euros
Ce modèle est le seul de la sélection à ne pas présenter une étanchéité parfaite. Il résistera à une petite pluie, mais pas à une forte averse.
Et pour cause, il n’est pas fait de plastique, mais de nylon Cordura Plus imperméabilisé, un matériau d’un titrage de 1000 deniers, certes moins étanche, mais bien plus robuste que le polyester.
Cette solidité constitue le principal attrait des sacs fabriqués depuis 1983 par l’équipe de Kathy Anderson aux Etats-Unis. Les produits Kathy’s Journey Designs sont garantis à vie: si l’étoffe, les coutures ou les fermetures venaient à défaillir, le produit entier est échangé gratuitement.
Autre avantage, le sac se plie facilement et occupe alors très peu de place.
Ce “Super Duffel” se distingue par sa large ouverture sur trois côtés par le dessus du compartiment principal, zippée et protégée par une languette fixable par velcro. A chaque extrémité, deux larges poches pour les petites affaires, dont une comprend une pochette interne, toutes zippées. Outre deux poignées reliables par velcro, le sac peut être porté avec une bandoulière amovible. Il est équipé de quatre oeillets pour y fixer des tendeurs (non fournis) ou un filet extensible.
Disponible en coloris noir ou gris-vert.
Les produits Kathy’s Journey sont distribués en exclusivité en Europe par Moto Luxe.
Kappa “Racer Bag” (TK710), 69 euros
Ce sac de petite taille (52 cm de long pour environ 45 litres de volume) frappe avant tout par son élégance.
A l’usage toutefois, il ne m’a pas convaincu. Le volume offert n’est pas exploitable au mieux du fait d’une ouverture centrale en “U” qui ne couvre pas toute la longueur du sac.
On peut aussi le charger par une ouverture latérale: une des extrémités s’ouvre entièrement par zip, avec possibilité d’augmenter le volume par une poche souple à serrage par cordon. Une bonne idée, mais qui compromet l’étanchéité du sac. Qui plus est, quand on ne l’exploite pas, cette poche doit se rouler sur le bord du sac: pas pratique et peu esthétique.
Une autre poche zippée, à l’intérieur, prend sur le volume exploitable et s’avère surtout trop petite pour y glisser plus de quelques sous-vêtements. La pochette extérieure zippée est pratique, mais sa petite taille ne permet pas d’y mettre grand-chose d’autre que les deux sangles de fixation fournies et la bandoulière amovible. Le matériau extérieur, solide, n’est pas étanche, ce qui oblige à emporter la housse de pluie fournie. L’unique poignée de transport, non amovible, s’avère solide et d’une bonne préhension.
Pour trouver un revendeur, voir le site de Kappa.
Force One “S-Bag 4″, 20 euros
Si vous cherchez un sac polochon dans sa plus simple expression, le bon vieux sac de marin, étanche et pas cher… Le S-Bag 4 sera votre ami ! Lui ou un de ses frères jumeaux car la formule est déclinée chez de nombreux fabricants.
Un tube de plastique polyester noir et souple, enduit pour l’étanchéité, ouvert à l’extrémité : on remplit les 40 litres, on enroule le bout et on clipse. Simple, pratique et étanche, mais pas franchement esthétique.
Le PVC rigidifié par l’enduction se plie mal et oblige à bien enrouler la fermeture, ce qui fait perdre du volume de rangement. Le gros point noir est la difficulté de remplissage. Il faut bien tout plier au format du tube de 28 cm de diamètre. Et si vous avez mis un vêtement au fond du sac, il faudra tout enlever pour y accéder…
Pour les aspects pratiques, c’est le minimum syndical : une poignée de transport, deux sangles de nylon réglables, et c’est tout. Si votre moto ne comporte pas de porte-paquet, il vous faudra prévoir des tendeurs pour arrimer le chargement.
Distribué en France par Distrimoto, vendu notamment sur Zone 2 Roues.
4 commentaires
25 juin 2009 à 16:24
Bonjour FlatFab.
Merci pour ce site et toutes ces infos qui m’on été trés utiles lors du passage du permis il y a quelques mois et en encor aujourd’hui.
Encor un article très complet mais je me pose une question, as-tu déjà essayé des “sacoches de selle” telles que les proposent bagster et consor ?
Si oui pour quelle raison n’en parle tu pas ? (moin pratique, moindre contenance, …)
Merci
J-Et.
- – -
Réponse
Bonjour,
Parce que ces deux types de produits ne répondent pas aux mêmes besoins : un sac de selle doit faire au moins 35-40 litres, plutôt 60 à 80 litres de capacité, alors qu’une sacoche de selle propose en général entre 20 et 30 litres, 35 pour les plus grandes avec tous les soufflets ouverts.
Je pense réaliser d’ici la fin de l’année un autre essai, qui sera lui consacré aux sacoches de selle.
J’ai déjà eu l’occasion d’en tester quelques-unes, mais pas dans le cadre d’un comparatif.
27 juin 2009 à 17:54
Bonjour,
J’aurais voulu savoir ce que vous pensez d’un sac comme celui-ci :
http://www.louis.de/_2040d106f5bd5e35b6dd50d7dfd95a838e/index.php?topic=artnr_gr&article_context=detail&grwgr=525&wgr=205&list_total=10&anzeige=0&artnr_gr=10024010
???
Car ils ne sont vraiment pas cher.
Merci pour toutes les infos
- – -
Réponse
Bonjour,
En général, les produits vendus chez Louis sont d’un bon rapport qualité/prix.
Ce sac ne fait pas exception, j’en ai entendu parler, c’est du bon matériel. Je n’en ai pas parlé car il n’est pas vendu en France et il faut savoir lire l’allemand pour commander en ligne.
- – -
Merci de la réponse
Pour info je parviens à parler l’Allemand contrainte et forcée sous la torture
n’en ayant jamais fait. Par contre merci aux services de traduction en ligne 
Et puis c’est souvent les mêmes mots qui reviennent au bout d’un moment on en reconnait certains.
29 juin 2009 à 10:37
Bonjour,
Compte tenu des bagages “effectivement” utiles (on amène toujours trop d’affaires) pour les sorties sur plusieurs jours, je pense qu’un sac intérieur par personne était une solution plus simple (1 sac), plus pratique (il n’y qu’à le sortir de la valise) et plus sûre (les valises fermant à clef). Le tout fixé solidement sans risque de glissement avec un accès facile et rapide contrairement à un sac arrimé où ce qu’on cherche est obligatoirement au fond !
C’est marrant, je viens de faire exactement l’inverse. J’ai utilisé pendant des années le SoftBag 50L de BM sur ma 12RT d’abord puis sur ma 12GS actuelle. Il est d’excellente qualité et se monte très facilement sur le porte-bagages voire sur la selle passager. Comme je roule et voyage la plupart du temps en duo, le sac, même pas trop chargé, se révélait quand même lourd et le poids de l’ensemble (machine, valises et sac, pilote et grenouille) devenait conséquent. Le premier jour, ça allait, mais par la suite les kilos semblaient de plus en plus lourds à relever. J’ai donc opté pour des sacs intérieurs des valises Vario (la GS fait alors 1.10m à l’arrière) parce que démonter et remonter le sac tous les jours ou lorsqu’on s’éloignait trop de la moto garée me prenait franchement la tête… Pardon
Voilà pour ma petite expérience. Je dirais que pour voyager en solo, le sac est okay, mais en duo il ne s’avère pas réellement “pratique” bien qu’efficace pour le chargement.
Appel de phare dun R1200GS… Bleu !
- – -
Réponse
Bonjour Claude,
On est d’accord sur le constat, mais bon nombre de motos ne sont pas dotés de valises rigides de série, ni même en option.
Il n’existe pas de solution polyvalente et parfaite, à chacun de trouver celle qui lui convient.
Je me contente de donner des informations pour mieux choisir.
4 juillet 2009 à 16:25
Bonjour Flatfab et merci pour tes articles de qualité.
Je possède un sac Cameron et il faut avouer que le rapport qualité prix est très correct, il est suffisant pour partir une semaine en plus des valises et top case, mais je l’attache en travers de la selle passager et j’avoue avoir acheté 2 sandows, car les sangles caoutchouc fournies avec sont trop raides et de plus pas de la même longueur (enfin dans mon cas… S’il est possible d’attacher correctement la plus longue, la courte trouve difficilement le deuxième point d’ancrage.
Salutations d’un 1150GS cantalou de + de 66 mkm sans soucis