17 juillet 2008...20:11

Se conduire en “vrai pilote”

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Les avions et les motos ont ceci de commun que les humains qui les manient aiment à s’appeler “pilotes”. Ces engins partagent également d’autres similitudes dans le cadre d’une analyse systémique. Est-ce à dire que les motards devraient se comporter comme des pilotes de chasse ? Qu’est-ce que cela implique ?

Une comparaison en termes d’analyse systémique (au sens de systèmes de transport) entre le milieu de l’aviation civile de transport de passagers et celui du transport routier de passagers par véhicules individuels s’avère riche d’enseignements.

Personnellement, je n’y avais jamais spécialement réfléchi.
C’est Christophe Guillou, ancien formateur moto, formateur de moniteurs moto, ex-coordinateur du projet de Guide pour la Formation des Motocyclistes (GFM) à l’Institut national de Sécurité Routière et de Recherches (INSERR), qui a attiré mon attention sur ce sujet lors d’un entretien dans le cadre d’un travail de recherche en accidentologie moto.

Principe de base : ce n’est pas l’accident lui-même qui pose problème, mais ses conséquences.
Des “accidents”, au sens de “événement imprévu, fortuit, soudain et inattendu qui entraîne des dégâts et des dommages”, il s’en produit tous les jours, partout, tout le temps. Cela ne nous gêne pas, tant que leurs conséquences demeurent acceptables, c’est-à-dire socialement, médicalement, financièrement tolérables.

A partir de cette notion de seuil de tolérance, on peut affirmer que l’accident de la circulation n’est pas toujours tolérable, cela dépend de sa gravité.

Dans le cas du système de transport aérien de passagers, l’accident n’est pas toléré car il implique (presque forcément) des morts en grand nombre.

Dans le cas du système routier, l’accident est toléré tant que ses conséquences restent “minimes” : soit seulement matérielles (tôle froissée), soit corporelles (blessés légers, voire graves, mais sans séquelles durables).

C’est sur ces bases que s’est construit le système routier de nos sociétés occidentales modernes, avec le symbole de la voiture de tourisme sur laquelle la société a fait un choix collectif : que tout le monde ait accès à ce moyen de transport individuel. Un choix démocratique.
Le taux d’équipement des foyers en voitures individuelles constitue d’ailleurs un indicateur reconnu de l’avancement politique et économique d’une société.

Mais en mettant tout le monde sur la route, en donnant le droit de conduire à tous, la société ferme les yeux sur les inégalités que nous affichons tous face à l’acte de conduite automobile, un acte complexe qui met en jeu de nombreuses procédures sensorielles, intellectuelles et sensori-motrices.
En d’autres termes, nous ne sommes pas tous égaux face à la conduite.

Nous sommes censés être au moins égaux devant la formation à la conduite.
Mais là aussi, au-delà de la théorie, des inégalités matérielles existent. Tout le monde ne suit pas le même nombre d’heures de formation initiale. Cette formation est encadrée, mais peu ou pas normalisée. Les écoles de conduite ne sont pas toutes logées à la même enseigne.
L’examen du permis de conduire est censé constituer une forme de norme, mais nous savons tous que les inspecteurs du permis de conduire ne travaillent pas tous de la même manière, n’ont pas les mêmes exigences.
Il n’existe pas de visite médicale, ni d’obligation de formation continue, ni même de recommandation, même pas de la part des assureurs (ou pas tous).
En résumé, on conserve un haut degré de risque et d’incertitude lié au facteur humain.

Côté véhicules, ce n’est pas mieux.
Le parc national de voitures affiche une immense diversité dans les gabarits, les performances, l’équipement en système de sécurité, la fiabilité mécanique. Hormis un contrôle technique minimal obligatoire au bout de 4 ans, puis tous les deux ans, on laisse chaque conducteur libre et responsable de l’entretien de son véhicule.
Ainsi roulent chaque jour sur nos routes des véhicules avec des pneus sous-gonflés, des plaquettes de freins usées, des pneus usés, des filtres à air encrassés, etc.
Le seul équipement de sécurité obligatoire dans les véhicules carrossés est la ceinture de sécurité, mais si elle est présente partout, son utilisation reste partielle, surtout pour les passagers.

Dernier aspect, l’infrastructure routière, on sait ce qu’il en est.
Là aussi règnent hétérogénéité, normalisation minimale, multiplicité des niveaux de responsabilité et de compétence.

En résumé, avec le transport automobile accessible à tous, chacun accepte le principe qu’il y aura des accidents.

C’est ce que l’on appelle un milieu de fréquence : on sait qu’il y aura beaucoup d’accidents, mais on va essayer de faire en sorte d’en diminuer le nombre, et surtout les conséquences, que les gens ne soient pas irrémédiablement blessés ou tués dans ces accidents.

La route, c’est “beaucoup d’accidents, mais de faible gravité, si possible.”
Dans l’aviation, c’est l’inverse : la forte gravité des accidents entraîne l’obligation du “zéro accident, si possible”.

L’aviation a instauré un système totalement sécurisé, dans toutes ses composantes : le conducteur, le véhicule, l’environnement.

L’aviateur est trié sur le volet, contrôlé médicalement apte, formé pendant des mois, voire des années, avec obligation de formation continue tout au long de sa carrière (d’ailleurs limitée dans le temps), avec des certifications spécifiques pour chacun des appareils différents qu’il aura à piloter.

Les avions sont conçus dès le départ pour une sécurité maximale, avec des commandes doublées, voire triplées, la capacité de voler sur un seul moteur, avec des systèmes anti-incendie, la capacité de résister à de très fortes contraintes mécaniques (vents, ouragans, orages, trous d’air, turbulences,
etc.), voire à la foudre…

Afin de s’assurer que cette sécurité demeure optimale tout au long de la durée de vie de la machine, ces véhicules sont soumis à des révisions, des vérifications constantes, une maintenance dont la durée égale voire dépasse le temps de service effectif de l’appareil, et qui est effectuée par des techniciens qualifiés, formés tout au long de leur carrière.

L’environnement du système de transport aérien est surveillé en permanence, organisé par des contrôleurs aériens qui savent à chaque instant où se situe chaque appareil, d’où il vient et où il va.
Chaque action est encadrée, définie par des procédures strictes, communes à tous dans le monde entier, avec un langage commun.
L’outil global de transport aérien doit être capable de maîtriser les risques de fréquence, avec un système du type « un accident pour un million d’incidents ».

Bref, un système sécurisé à 99,99%. Rien à voir avec le système routier.

Or la moto, en tant que mode de transport, présente de nombreuses caractéristiques communes à l’avion. Et notamment que le moindre accident implique presque toujours des conséquences corporelles et souvent mortelles.
Le transport à moto devrait donc répondre au même principe du “zéro accident si possible”.

On voit tout de suite le problème : un mode de transport proche des contraintes de l’aérien se déplace dans un système qui ne rassemble presque aucune des conditions requises.
L’outil moto se déplace au milieu d’un monde qui n’est pas fait pour lui, sur un réseau routier conçu dans une optique de nombreux accidents à basses conséquences.

Et il n’existe que peu (voire pas) de moyens de modifier cet état de faits.

Former les motards comme des aviateurs ?
Il faudrait accepter que seule une petite partie d’entre nous rassemblera l’ensemble des exigences physiques, cognitives et sensori-motrices pour conduire une moto en totale sécurité, quelles que soient les circonstances.
Ce n’est plus 1 ou 2 millions de motards qu’il y aura en France, mais dix fois moins !
Et encore ceux-ci devront-ils eux aussi accepter de subir des contrôles médicaux et des tests d’aptitude réguliers, de suivre des formations continues, de repasser ces tests à chaque fois qu’ils changent de moto, etc.
Le tout à leurs frais, bien sûr…

Adopter sur les motos les mêmes niveaux de sécurité que sur les avions ?
Demander au véhicule moto un niveau de fiabilité comparable à celui d’un avion le rendrait tellement cher qu’il serait inaccessible financièrement à 99% d’entre nous.

Renforcer la sécurité de l’environnement ?
Qui a envie de rouler à moto sur une route surveillée en permanence, où il sera constamment fliqué et remis dans le droit chemin à la moindre incartade ?

Que faire alors ?

On peut agir sur une petite partie de l’ensemble de ces composantes du système. Améliorer la formation initiale des motards. Inciter à la formation continue. Favoriser l’adoption des système de sécurité sur les motos (freinage ABS, par exemple). Renforcer le niveau de protection des équipements. Rehausser le niveau de sécurité des routes, normaliser l’infrastructure…
Tout cela requiert beaucoup de temps et de moyens.

Mais l’enjeu fondamental reste l’intégration de cet “orni” (objet roulant non identifié) qu’est la moto dans un système qui n’a pas été conçu pour lui, c’est-à-dire la prise en compte des motards par l’ensemble des autres usagers, par les pouvoirs publics, par les responsables de l’infrastructure, par le législateur, etc. Bref, par toute la société.

Et pour quoi, pour qui ? Pour une population d’usagers minoritaire, qui représente environ 30 millions de personnes sur les 460 millions d’habitants de l’Union européenne.
Croyez-vous que nos sociétés accepteraient de modifier profondément leurs modes de déplacement pour assurer la sécurité de “seulement” 6,5% de la population ?

Il appartient donc au motard lui-même – tout seul dans son coin ou organisé en groupe, association de défense, moto-club, etc. – de se comporter en “vrai” pilote, c’est-à-dire en aviateur.

Je m’explique sur la notion de “vrai pilote”.
D’abord, une définition du terme. Pilote : personne qui est chargée de conduire un avion, une voiture, un bateau… Synonymes : aviateur, barreur, conducteur, timonier.
Toutefois, le mot “pilote” et son corollaire, le pilotage, recouvrent une notion de conduite “supérieure”, qualifiée. Qu’il soit de chasse (en avion), de port (en bateau) ou de course (en voiture), le pilote est celui qui conduit mieux que les autres, qui possède une compétence de pilotage supérieure à celle de la conduite en général.

C’est sur cette notion de “meilleure conduite” que s’appuient les motards qui se désignent, se conçoivent comme des pilotes. Parce que l’examen du permis de conduire de catégorie A est plus complet que le B, parce que la conduite d’une moto sur le système routier réclame une plus grande attention (pour toutes les raisons vues plus haut), parce que les motos de série sont sans doute les véhicules routiers qui se rapprochent le plus des machines utilisées en compétition de vitesse, parce qu’une moto est un engin qui répond à la moindre sollicitation du corps, au moindre changement de position, qui accélère et freine fort…
Beaucoup de motards ne parlent pas de “conducteur” de moto, mais de pilote.

Pour autant, se comportent-ils comme des pilotes ?
Les pilotes “professionnels” sont des spécialistes hautement qualifiés dans leur domaine respectif, avec toute une série de tests, d’examens, de contrôles que nous avons déjà évoqués. Difficile à reproduire pour un motard “civil”.

Comment un motard pourrait-il se comporter en “vrai pilote” ?
Je connais assez bien le monde l’aviation militaire. Par passion personnelle pour l’aviation de combat autant que par mes études, mes contacts amicaux, familiaux et professionnels dans l’armée de l’Air, j’ai pu approcher des pilotes et divers personnels de l’Air, discuter avec eux, étudier les procédures des pilotes militaires.
Je peux témoigner que ce ne sont pas des “Rambo”, ni des “casse-cous”. Un pilote militaire est un professionnel dont la principale qualité est de savoir analyser un très grand nombre d’éléments d’information pour pouvoir prendre, dans un temps extrêmement court (on parle en secondes ou dixièmes de seconde), une décision irrévocable aux conséquences graves.

Ouvrir le feu à partir d’un avion de guerre, que ce soit par un tir canon, un tir de missile ou un largage de bombe, ce n’est jamais anodin. Une fois que la munition a été mise à feu, on ne peut la rappeler, la rattraper. Il est donc fondamental d’être certain à 100% d’avoir ouvert le feu à bon escient.

Même en dehors des missions armées, un pilote prend l’air aux commandes d’un avion qui ne lui appartient pas et qui vaut plusieurs dizaines de millions d’euros (entre 50 et 100 millions pour un Rafale, selon ce qu’on inclut dans le coût unitaire). Lui-même, en tant que pilote formé pendant au moins trois ans aux frais de l’Etat, vaut une fortune.
Inutile de dire qu’à ce tarif-là, on déploie un luxe de précautions pour éviter tout accident…

Tout est là, dans les précautions, dans les mesures mises en place AVANT le départ.
Il ne s’agit pas tant de compétence de pilotage pendant le déplacement (en vol ou sur route) que d’adopter une attitude professionnelle pour se concentrer dès la mise au point du plan de vol sur ce qui est nécessaire pour que tout se passe bien jusqu’à l’arrivée.

Première étape: choisir le bon appareil.

On ne vole pas sur le même type d’avion pour une mission d’interception que pour un bombardement, une reconnaissance ou de la détection en vol. Pareil pour les motos : certaines sont plutôt faites pour rouler vite en solo, d’autres pour rouler loin en duo, certaines ne tolèrent que les bons bitumes, d’autres acceptent d’emprunter des chemins, etc.
Comme la majorité des motards ne disposent que d’une seule moto, la question de prendre un véhicule pour chaque type de déplacement ne se pose pas. Mais on peut au moins songer à adapter la moto au type de mission envisagé: prévoir de la bagagerie pour un long voyage, surgonfler les pneus en cas de long trajet autoroutier, régler les suspensions, etc.

Deuxième étape: l’équipement

Assurer sa propre sécurité pour un pilote, c’est non seulement mettre en oeuvre un haut niveau de compétence de pilotage, mais aussi savoir que tout homme est faillible, que l’erreur est humaine et que l’accident peut toujours se produire.
Le bon pilote revêt donc la tenue adaptée à sa mission : toujours un casque, toujours à la bonne taille, bien réglé et attaché, toujours avec un écran ; toujours des gants, adaptés au climat, mais toujours dotés de protections à la paume, aux phalanges et à la tête cubitale du poignet) ; toujours des chaussures, bottines ou bottes qui protègent la cheville, les orteils et la malléole ; toujours un blouson ou une veste avec protections homologuées CE aux épaules et coudes.
Selon le temps, la longueur du trajet, sa nature (tourisme, balade tranquille, arsouille) et l’environnement (route, tout-terrain, circuit), il portera des protections supplémentaires : pantalon de cuir avec ou sans coques aux genoux et hanches, protection dorsale, tenue de pluie, sous-vêtements chauds, blouson ventilé, gants chauffants, etc.

Troisième étape : la check-list

Avant chaque trajet en “territoire ennemi”, se faire une liste des éléments à vérifier, que ce soit sur la moto, sur votre équipement et sur ce que vous emmenez.
Voir l’article “Le nécessaire de sécurité à toujours emmener“.

Sur la route à moto, surtout si vous partez seul(e), la moindre défaillance mécanique, l’oubli d’un équipement, une carte ou une feuille de route incomplète, peut causer de gros soucis. Visualisez mentalement l’intégralité de l’itinéraire et pensez à tout ce qui pourrait vous être utile. Etudiez la météo et voyez s’il y a un risque de pluie ou de froid. Faites une feuille de route, prévoyez les temps d’arrêt et de pause et s’il y a probabilité d’arriver de nuit, pensez aux équipements réfléchissants.
Sans aller forcément jusqu’à rédiger une “check-list” écrite complète à cocher, prenez au moins un moment bien avant de partir (pour éviter d’être perturbé(e) par l’excitation du départ) pour réfléchir à tout.
Avant chaque départ en voyage, mettez au point votre propre procédure pour vérifier le niveau d’huile moteur, la pression des pneus, le plein de carburant, le niveau de la batterie…
Juste avant de partir, vérifiez que chaque chose est à sa place, ne serait-ce que pour ne pas avoir à chercher, à tout déballer, pour mettre la main sur le petit truc qui se cachait au fond d’un sac.
Et l’essentiel: vérifiez que tous vos documents de vol (pardon, de circulation) sont bien en place, accessibles facilement et à jour.

Après chaque pause, chaque arrêt, refaites le tour. N’avez-vous rien oublié ? Vos poches sont-elles bien fermées ? Tout est toujours bien arrimé sur la moto ? Rien n’a bougé ? La pression de pneus n’a pas varié ? Pas de fuite de fluides visible sous la moto ?

Une check-list écrite n’est qu’un moyen de rien oublier. Si vos procédures mentales sont au point, restez-en là. Mais si vous vous apercevez après plusieurs voyages que vous avez tendance à oublier des choses, réfléchissez-y à deux fois et n’ayez pas honte de tout mettre par écrit. Cela ne fera pas de vous un mauvais pilote, mais un professionnel sérieux.

Quatrième étape : le plan de vol

Il est facile de sauter sur sa moto et de partir rouler le nez au vent. Mais tout le monde sait que la plupart des accidents se produisent dans un rayon de 5 km autour de son domicile, souvent sur de courts trajets quotidiens (on connait “par coeur”, alors on fait moins attention) ou sur des déplacements inopinés.
Si vous roulez sans savoir où vous allez, vous augmentez évidemment le risque de décider de changer de direction au dernier moment, donc de surprendre un autre usager.
Avoir au moins une idée du trajet, avoir pris le temps de tracer un itinéraire sur carte, disposer d’une feuille de route ou avoir programmé un itinéraire sur son GPS avec guidage vocal permet de se concentrer sur sa conduite.

Autre point, ne vous jetez pas de suite, dès la sortie du garage, dans un combat tournoyant en pleine circulation ! Surtout si vous partez pour un trajet autre que le sempiternel domicile-travail-domicile, démarrez progressivement et augmentez le rythme progressivement. Laissez-vous le temps de vous habituer, de vous concentrer sur la conduite, de ressentir les réactions de la moto.

Cinquième étape : les tactiques de combat

La conduite sur route ouverte, comme le vol en territoire hostile, est un processus mental complexe qui met en oeuvre des processus sensori-moteurs qui ont été analysés et classifiés selon une nomenclature qui porte différents noms : VADA (voir, analyser, décider, agir), OCDA (observer, comprendre, décider, agir), PADA (percevoir, analyser, décider, agir)… Certains parlent aussi de CIPDA (chercher, identifier, prévoir, décider, agir).

Les militaires utilisent la notion de “boucle OODA” (observer, orienter, décider, agir), un concept inventé par un instructeur militaire de l’US Air Force, le colonel John Boyd. L’idée de base est de vaincre un ennemi et lui survivre par quatre processus se chevauchant et interagissant: “Observe, Orient, Decide and Act”, qui permettent de formaliser le cycle de décision.

Premier processus, observer
Il ne s’agit pas de juste “voir”, mais de “chercher-identifier”, de regarder avec une démarche active tous les éléments d’information qui se présentent en avant, derrière et sur les côtés. Il s’agit de rechercher les menaces potentielles, de déterminer rapidement si elles représentent une menace réelle ou non, et de ne pas perdre de temps à traiter ce qui n’est pas une menace.
A ce sujet, voir l’article “Où regarder ?

Deuxième processus, s’orienter
Il s’agit de s’orienter mentalement et physiquement pour être capable de traiter toutes les menaces qui pourraient affecter votre mission. Cela concerne aussi bien votre position sur la moto que la position de la moto sur la route, ou sa vitesse. L’objectif est de constamment s’adapter à la configuration de l’environnement pour conserver la meilleure observation possible.

Troisième processus, décider
Il peut paraître aisé de prendre une décision simple face à une situation de danger, comme par exemple choisir de freiner, d’éviter ou d’accélérer face à une voiture qui vous déboîte sous le nez. Mais cette décision dépend en fait d’un grand nombre de variables, parmi lesquelles (en vrac) les conditions météo, le niveau de compétence de pilotage, les habitudes prises ou le niveau d’entraînement dans les différentes manoeuvres possibles. Décider de la manière de gérer une situation délicate s’avère difficile quand vous n’êtes pas certain des réactions de la moto parce que vous n’avez jamais pratiqué de manoeuvre d’évitement.
Pour répondre de la façon la plus adaptée à un environnement dynamique, changeant, il faut être capable de mettre en oeuvre toutes les solutions possibles. D’où l’importance de l’entraînement.

Exemple, un motard de ma connaissance, débutant avec moins d’un an de permis, part rouler (très tranquillement) avec son fils derrière lui. A un rond-point, une voiture le dépasse par la gauche et vient lui couper la route de la sortie qu’il voulait emprunter et où circulait déjà une autre voiture. Tout ce qu’il a vu a été un mur de métal en face de lui, il était persuadé de ne pas pouvoir freiner à temps. Il a avant tout pensé à son fils, à ne pas percuter pour éviter la collision frontale et donc il a couché la moto. Pas trop de casse physique au final, tout le monde s’en sort bien. Ce n’est qu’après qu’il s’est rendu compte qu’il aurait peut-être pu s’arrêter à temps, s’il avait su effectuer correctement un freinage d’urgence sur l’angle, qu’il aurait pu voir venir la situation de conflit, ou encore qu’il aurait pu pratiquer un évitement en rebasculant la moto sur la gauche.

Quatrième processus, agir
La dernière étape qui résulte des trois autres. Ce n’est que parce que vous aurez bien observé, vous serez bien orienté et aurez pris rapidement une décision que vous pourrez entreprendre toutes les manoeuvres nécessaires pour éviter la menace, que ce soit de simplement ralentir bien avant l’obstacle parce que vous l’aurez senti venir ou un évitement d’urgence au dernier moment.
Dans toutes les configurations, la concentration et l’entraînement jouent un rôle fondamental.
Comme tout pilote professionnel, vous ne devez prendre les commandes de votre machine qu’en étant au meilleur de votre condition physique et mentale.
Lire l’article “Rouler au mieux de sa forme

Et comme tout pilote, vous devez vous former et vous entraîner, régulièrement, encore et toujours. Pas forcément tous les jours comme un pilote de course, pas forcément toutes les semaines comme un pilote de chasse, pas forcément pendant trois mois tous les cinq ans comme les motocyclistes des forces de l’ordre…
Mais une demi-journée de maniement sur un parking par an, un stage d’un week-end tous les deux ou trois ans, ce serait déjà pas mal !
A l’heure actuelle, moins de 10% des motards français ont déjà suivi ne serait-ce qu’une journée de formation post-permis dans toute leur vie. On en voit le résultat tous les jours sur la route…
Lire les articles “Exercices de maniabilité moto“, “Perfectionner sa conduite moto sur route” et “S’entraîner sur circuit“.

Précision: si vous prenez la peine de lire ces articles, vous verrez que je fais bien la différence entre “stage de pilotage” (sur circuit, pour le circuit, dans une optique de recherche de vitesse et de sensations) et “stage de perfectionnement de conduite” (sur circuit aussi pour raisons de sécurité, mais orienté route, dans une optique de recherche de sécurité).
Ces formations ne nécessitent pas le port d’une combinaison de cuir, on les suit avec sa propre moto. Elles coûtent encore trop cher à mes yeux, alors que les mêmes coûtent 50% moins cher ailleurs en Europe. Mais d’une part, vous pouvez les faire financer par votre entreprise au titre du Droit Individuel à la formation (DIF), d’autre part, la plupart donnent droit à une réduction de la prime d’assurance.
Il faut arrêter de dire qu’il est impossible de se former parce que c’est cher !

17 commentaires

  • j’ai un seul truc à dire : selon les stats de notre assureur, à 80% les accidents impliquant des motards sont dus à un tiers (le plus souvent en Bar). En comptant les délits de fuite nombreux que certains assureurs prennent comme “accident du à une erreur de pilotage du motard”.
    ça laisse songeur, non ?

    pourquoi ce serait aux motards encore à raquer des heures de formation ? hein ? pourquoi les conducteurs de Bar ne seraient-ils pas obligés de passer deux ou 4 Heures derrière un mono sur un deux roues en ville, histoire de leur montrer un peu ce que “ça fait” de rouler au milieu de cinglés “bien à l’abri”… ?
    Yen a marre d’être les boucs émissaires tous trouvés pour les sécuritaires à tout crin.

    Si en plus les motards eux-mêmes s’y mettent, ben on est pas sortis de l’auberge…

    Ceci dit je suis d’accord sur un point : on sort pas sa moto si on n’est pas au top de sa forme. C’est d’ailleurs pour ça que je lis ton blog aujourd’hui.

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    Réponse

    Au niveau des chiffres de responsabilité dans les accidents entre autos et motos, l’étude européenne MAIDS donne environ deux tiers d’automobilistes jugés responsables (et non 80%). Comme je le dis souvent, cela ne veut pas dire que le motard n’a aucune responsabilité dans l’accident (même si ça arrive), mais que l’automobiliste a été jugé par l’assurance majoritairement responsable.
    Dans le même temps, il y a aussi un tiers des accidents de moto où le motard se plante tout seul. Cela ne te laisse pas songeur ???

    Pour le reste, il y a deux attitudes possibles.
    Soit tu te comportes en motard français moyen, à râler sans rien faire, à rester le cul sur ta selle à attendre que tout tombe tout cuit du ciel, de l’Etat ou de la FFMC, parce que tu estimes que ce n’est surtout pas à toi de faire l’effort.
    Soit tu réalises qu’il est préférable de devenir acteur de ta propre sécurité parce que cela ne sert à rien d’attendre que tout vienne des autres.
    Il ne s’agit pas de désigner un bouc émissaire. La sécurité routière est l’affaire de tout le monde.

    Mais c’est justement parce que trop de motards restent avec une mentalité d’assistés et de râleurs que les formations de perfectionnement moto demeurent aussi chères en France. En Belgique, c’est deux fois moins cher !

    Et si c’est vraiment un problème de prix, j’ai deux réponses. D’abord, à combien estimes-tu ta vie, ou ta jambe ou ta colonne vertébrale ? Ensuite, si tu es assuré chez un assureur motard (AMDM, FMA, Club 14), suivre un stage de perf’ te donne droit à une réduction de prime, ce qui fait que le stage est amorti au bout de 3-4 ans.

    Enfin, comme je le dis, le montre et l’explique, il y a parfaitement moyen de s’entraîner soi-même gratuitement. C’est un état d’esprit, pas une question d’argent.

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    Tatoonette a publié une version plus longue de son commentaire sur son propre blog.

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    Réponse sous forme de commentaires de ses propos

    t’es en train de nous dire que les accidents seraient “la faute aux motards” parce qu’ils apprennent pas à “piloter” ?” : pas du tout, je dis que certains accidents, voire peut-être la majorité, pourraient être évités préventivement si tout le monde, notamment les motards, savait mieux conduire (pas piloter).

    on a regardé les prix des stages de pilotage, hein. Et en plus “tout cuir obligatoire”. ça nous faisait, à deux, un budget de plus de 1500 euros. Ben désolée, mais c’est pas à la portée de tout le monde” : je parle bien de stages de conduite, pas de pilotage circuit, ça n’a rien à voir.

    de là à dire que c’est à lui de prendre toutes les responsabilités, pour pas dire les culpabilités, des accidents, euh, ya un pas que je franchirais un chouia moins vite que toi” : je n’ai jamais dit ça ! Je ne dis pas que le motard doit prendre TOUTE la responsabilité dans un accident, mais qu’il en est souvent en partie responsable, comme les autres catégories d’usagers d’ailleurs, ce n’est pas spécifique aux motards.

    Pourquoi, dans la même “optique”, ne pas dire qu’une formation deux roues serait salutaire à ceux qui passent leur permis B, hein ?” : salutaire, je ne pense pas, mais utile, oui, sans doute.

    Même quelques heures derrière un mono… (…) T’en parles comme si c’était impossible à faire, pourtant je suis pas sûre que ça coute beaucoup plus cher à pratiquer” : je ne vois pas où tu as lu que c’était impossible. Mais tu le dis toi-même : “juste quelques heures derrière un moniteur” : à 45 euros de l’heure ? Toi, tu refuses de payer 300 euros pour ta propre sécurité et tu crois qu’un automobiliste ira payer 150 euros pour qu’on lui apprenne à tenir compte des motos ???
    Marrant comme c’est toujours plus facile quand ce sont les autres qui font l’effort !

    Les autres usagers de la route devraient AUSSI apprendre les comportements à avoir quand ils sont devant ou derrière une moto” : tout à fait d’accord, cela devrait être abordé dans la formation au permis B, au moins en théorie.

    Et pourquoi les vélos passent même pas de permis alors qu’ils utilisent la route comme les autres ?” : d’accord aussi.

  • Encore un trés Bel article, de belles réflexions et un sujet qui laisse réfléchir ;)

    Thomas Bonne continuation

  • Cet article m’interpelle sur plusieurs points :

    A propos du langage militaire :
    Sommes-nous en situation de guerre ? Je n’avais pas encore conscience que les caisseux autour de moi étaient mes ennemis.

    A propos de la notion de pilote :
    Le titre ce cet article “se comporter en vrai pilote” me fait prendre conscience là aussi que je suis un pilote (avant, j’étais motard).

    A propos de l’entrainement :
    Ben, c’est logique, pilote en temps de guerre nécessite un entrainement lourd, des nerfs d’acier, un instinct de survie au dessus de la normale, et une petite dose de folie et d’originalité qui lui permettront de rester en vie et de surpasser ses adversaires.

    Je vais donc faire monter un lance-missile sur ma bécane et aller faire une reconnaissance en territoire ennemi, histoire de voir si je vois des “hostiles”….

    … a prendre au second, voire troisième degrès bien entendu

    Et pour être franc(chouillard ?), je veux bien me payer un stage de formation supplémentaire si c’est moi qui l’ai choisi, mais je serai dans la manif avec Tatoonette si l’état m’impose de le faire, sous prétexte qu’il risque moins sa réelection à me racketer moi plutôt que les autres 430 millions d’électeurs caisseux européens.

    ++
    Stéphane

    - – -

    Réponse

    Bonjour,

    Cela s’appelle une métaphore…
    L’analogie n’est pas non plus à prendre au premier degré.

    Au départ, il y avait d’une part une réflexion sur le terme “pilote” (moi non plus, je ne me disais pas pilote, simplement motard), d’autre part une analyse des deux systèmes de transport aérien et routier. J’ai agrégé les deux car cela me semblait pertinent. C’est une vision personnelle, je ne prétends pas que ce soit la seule valable.

    Après, on peut estimer que les relations entre usagers de la route sont à ce point dégradées en certains points du territoire, particulièrement en ile-de-France, qu’elles frisent la guéguerre entre les différentes catégories. Mais c’est l’objet d’un autre article.

    Quant à l’entraînement indispensable, il peut être de deux ordres :
    - soit un entraînement volontaire par le motard lui-même, que ce soit dans le cadre de stages payants sur un site sécurisé ou d’exercices personnels sur un lieu hors circulation (donc gratuits) ;
    - soit une formation continue “post-permis” obligatoire qui devra bien entendu concerner toutes les catégories d’usagers, comme c’est le cas au Luxembourg et en Autriche.

  • Dommage article trop long même en vacances pas trop de temps.
    Pourquoi ne pas le couper en plusieurs chapitre.
    Je ne dis qu’une chose sur un sujet que je connais bien, moi !
    Permis passé en 1968 !
    Pas de détail sur la conduite de l’époque..
    15 ans d’arrêt obligations familiale. j’ai fini avec une BM attelée.
    Retour en 2003, sur une grosse moto (harley électra) sans aucune obligation de formation !
    J’envisage de prendre des leçons particulières cet hiver (sur route mouillée et sèches).
    Pour info sur ma dernière moto 55 000 en deux ans et demi.
    Amitiés

  • thierry charmensat

    je serais assez d’accord avec ton article, mais la comparaison avec l’aviation a ses limites: le pilote d’avion n’a pas à chaque seconde à prévoir pour son engin ET les autres qui viennent à coté ou en face ou derrière, la densité de circulation n’étant pas la même!….
    deuxième point: la moto est un loisir, or ta manière d’aborder le sujet est d’ordre quasi professionnelle, très rigoureuse, ce qui à priori se justifie ( on risque notre peau!) mais ne correspond pas vraiment à la nature humaine “moyenne”…
    avant d’envisager les choses de manière exhaustive, il faudrait déjà respecter le b-a-b-a… respect des distances de sécurité (6x dizaine de la vitesse: quels motards le respecte…??), ne pas doubler à l’aveugle ou près d’un croisement sans visibilité suffisante, toujours porter une dorsale ( % de motards qui en ont une???)… beaucoup de motards ne respectent même pas ces règles de base… quant à la formation, certes elle est chère, mais quand je vois le nombre de changements de pots d’échappement qui coutent le double d’un stage…. je me pose des questions!!
    bref, je suis assez d’accord avec toi pour parler de l’irresponsabilité galopante; toutefois j’ai l’impression que petit à petit les choses s’améliorent, comme quoi il ne faut pas désespérer!
    merci encore pour ton blog.

  • Le pilote que je suis avait oublié ce matin de faire le plein de kérozène… Et puis la jauge électronique de son jet allemand semble s’être déréglée… Pourtant pas passé au-dessus du triangle des bermudes.
    Bref, après un teuf, teuf, pathétique, me voilà en train de pousser l’engin maintenant inerte et au combien inutile, vers la station la plus proche. Cinq kilomètres à pousser 250 kg (heureusement que ce n’est pas un Mirage F1), ca fait apprécier l’encombrement de l’engin, mais aussi du casque, des gants et du blouson qui même avec des ouïes d’aération reste très suitant à porter sous le soleil. Pour une fois je n’avais pas les grosses chaussures, heureusement, parce que bonjour le jus de chausettes !

    Deux motos m’ont croisé…
    Aucune ne s’est arrêté pour voir si j’avais besoin d’aide.
    Deux voitures se sont arrêtées : un cinquantenaire qui roule parfois en 125 et une petite nana sympa avec le A.
    Etonnant non ?

  • Bonjour, concernant le monde de l’aviation, je crois qu’il faudrait… redescendre de ton petit nuage ;-)
    Les choses ne sont pas aussi idylliques que tu les décris dans le transport aérien, loin de là, même :-(
    J’en sais quelque chose, je suis technicien de maintenance sur A320 et A330.
    Ce qui avait commencé à arriver aux oreilles du grand public (comprendre les problèmes de maintenance dans les compagnies à bas coût), affaire vite mise de côté par les médias, n’est rien par rapport à ce qui se passe tous les jours dans les compagnies “renommées”.
    Le temps des biplans en toile et bois n’est pas si loin de nous, bien moins loin que l’on croit !

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    Réponse

    Que les techniciens de maintenance des compagnies aériennes trouvent que “c’était mieux avant”, je le comprends tout à fait et je ne dis pas que c’est faux. Il n’en reste pas moins que le niveau de maintenance et de contrôle dans l’aérien est incomparablement plus élevé que sur la route.

  • Bonjour, jeune motard de 23 ans, 7 ans d’expérience en 2 roues, j’ai découvert ce site il y a peu et l’esprit qui y règne me plait beaucoup. Par exemple ce type d’article, comparer pilote d’avion et de moto, peut paraître totalement idyllique ou prétentieux, cependant j’adhère totalement à ce qui est dit.

    Plus j’avance dans les années (et comme dit plus haut j’ai 23ans et tout à apprendre) et plus je me rends compte que la moto est un spécimen à part sur nos routes. La conscience qu’on les motards de leur machine, de sa mécanique, de son comportement physique sur la route, de la trajectoire, des points dangereux d’un tracé, de l’importance essentielle du regard en conduite, et aussi de la gravité d’un accident; font qu’ils ne sont pas des conducteurs qui sautent dans leurs bagnoles pour rejoindre un point A à un point B en se disant que s’ils respectent les limitations de vitesse ils sont de bons conducteurs.

    Je dois avouer que je roule “vite”, mais lorsque j’approche d’un carrefour ou d’un point difficile, je ralenti, et souvent en dessous des limitations, pour être prêt à réagir en toute sécurité. Et souvent les véhicules qui suivent me colle au train en ne comprenant pas pourquoi je ralenti. Ils ne saisissent pas que même s’il n’y a aucun radar et que la limitation est supérieur, un véhicule peut couper la route et causer un accident. Peut-être cela vient de l’abrutissement qu’ont causées les limitations mais cela est un autre débat.

    Cet esprit motard je le constate sur mes routes de Belgique, Luxembourg et Allemagne (je suis frontalier). Car j’en viens à un point qui va peut-être fâcher, mais lorsque je roule en France, je suis effrayé par ce que je vois. Un motard en sportive 600 en short et T-shirt, un autre qui vous dépasse sans aucune vue en face, un jeune qui tourne en rond sur un rond point pour gratter ses reposes pieds je suppose.

    Même s’il ne faut jamais faire de généralité, je constate que l’état d’esprit “pilote de moto” est moins présent chez vous, en France.

    Est-ce une impression isolée ou c’est un constat généralement admis ?

    Et concernant le prix des formations, nous bénéficions en Belgique d’une réduction d’assurance lorsque de tels stages sont réalisés et réussis. Ce système n’existe il pas dans les autres pays d’Europe ?

    Merci pour la qualité de ce site en tout cas. Bonnes balades à tous, car il faut dire aussi que la France regorge de petites route bien sympa !

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    Réponse

    Bonjour Michael,

    Plusieurs stages de perfectionnement français permettent d’obtenir des réductions d’assurance. Hélas, peu de motards le savent et parmi ceux-ci, beaucoup voient surtout à court terme les 300 et 400 euros qu’ils vont devoir dépenser en un week-end, et pas l’argent qu’ils vont économiser ensuite, sans compter des bénéfices en termes de sécurité.

    Pour le reste, je partage malheureusement ton constat sur l’absence quasi totale de la culture de sécurité dans le monde du deux-roues français et sur le fossé avec l’Europe du Nord. Quoique les Belges ne soient pas non plus nécessairement les plus brillants sur ce point.
    J’essaie de faire évoluer les choses à mon petit niveau.

    Bonne route à toi !

  • Pour avoir travaillé dans aeronautique le comparatif aviation- moto ne me parais pas tres judicieux (la définition d’accident en aeronautique n’est pas la même que sur la route). Je suis un conducteur de moto et j’espere en etre un bon. La notion de pilotage ne conserne que quelques personnes professionnelles ou sportives, tous les autres ne sont que des conducteurs (et il n’y a pas de honte à cela). Il vaut mieux être un bon conducteur qu’un mauvais pilote.

  • Je suis étonnée que la comparaison pilote avion – moto surprenne. Il ne faut pas prendre la comparaison au premier degré. En tout cas, je pense que lorsque l’on est sur sa moto, il faut penser en terme de pilotage et non plus de conduite. Non pas que je sois moins attentive en voiture, mais, il est bien évident que l’attention que l’on doit porter en moto est très différente de celle exigée pour conduire une voiture.
    Il me semble que le nombre d’informations que notre regard doit collecter est sans commune mesure avec celles que l’on doit collecter pour conduire en toute sécurité une voiture.
    Etat de la route, du revêtement, ce qui se passe devant, derrière, sur le côté, amplitude d’un virage, visibilité, toujours anticiper, prévoir, etc …
    C’est une vigilance de chaque instant …
    Même sur une ligne droite, il faut continuer à collecter ces informations. Aussi, je suis assez d’accord pour parler de pilotage et non pas de conduite.

  • Il me semble que tes observations, déjà bien connues des motards, sur le plan des risques existants en tout cas, soient plutôt fondées, même si le côté prêchi-prêcha me gêne un peu :-) S’entraîner durablement pour pallier les risques potentiels de la route, c’est bien, mais dicter la manière précise de se comporter, ou condamner l’éventuel manque d’équipements, pourtant bien perçu par nous tous j’imagine, comme seule issue pour préserver son salut, je suis moins d’accord. Quand tu roules l’été en Corse – par exemple – au guidon d’une RT ou d’une GS (c’est juste un exemple, hein ?), c’est quand même vachement plus bandant de le faire en jean’s, basket et tee-shirt – eh ouais ! (en gardant les gants toutefois :-) ) même si le risque est plus grand, lorsque tu attaques un brin. Mais bon, chacun fait comme il veut, non ?… T’inquiète pas, si je me crashe, c’est pas pour autant que je viendrai pleurer sur ton blog, l’ami :-) On ne peut tout de même pas toujours vouloir être dans la parfaite maîtrise des choses… Et prévoir fait aussi parti du libre arbitre de chacun.
    Sans doute la comparaison avion-moto peut-elle se justifier (degré d’attention, prise en compte de l’environnement, check-list indispensable, plan de vol (route), etc.) tout en formulant de nombreuses réserves (formation pilote d’avion ad’hoc et très spécifique, profil du pilote, etc.)
    En fait, je dirais que le plaisir de conduire ou de piloter induit la volonté d’avoir une approche fine de sa conduite, de s’estimer avant tout perfectible, et de tenter d’être attentif à celle des autres. La prise en compte de l’environnement, notamment, est alors prépondérante. C’est sans doute moins vrai dans les embouteillages au volant d’une Visa et après une semaine de boulot (?)
    Dès lors, tu fais encore parfois des erreurs, mais tu pilotes davantage que tu ne conduis, parce que tu aimes ça !

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    Ma réponse

    Je ne répondrai pas sur tout, mais quelques phrases me font réagir.

    Quand tu roules l’été en Corse – par exemple – au guidon d’une RT ou d’une GS (c’est juste un exemple, hein ?), c’est quand même vachement plus bandant de le faire en jean’s, basket et tee-shirt” : non. Tu bandes pour ce que tu veux, ce n’est pas mon problème, mais moi, je préfère garder mon kiki dans une tenue moto d’été ventilée. Il existe aujourd’hui suffisamment de solutions pour rouler protégé sans crever de chaud.

    “On ne peut tout de même pas toujours vouloir être dans la parfaite maîtrise des choses… Et prévoir fait aussi parti du libre arbitre de chacun.” : si, on peut VOULOIR conserver la maîtrise des risques. Tout le problème est de savoir si on le peut. Mais on peut essayer de gérer au mieux le risque.
    Et je rejette le couplet sur le libre arbitre. C’est peut-être valable aux Etats-Unis où tu dois tout payer de ta poche. Résultat, si tu n’as pas d’assurance, on te laisse mourir sur place. C’est un choix.
    En France, c’est la collectivité qui paie pour les secours sur la route. Tu te plantes, c’est moi qui paie, nous tous. A partir de là, pourquoi mes impôts et les tiens devraient-ils servir à payer pour des blaireaux qui roulent sans équipement, sans entraînement, sur des motos bricolées ?

    “le plaisir de conduire ou de piloter induit la volonté d’avoir une approche fine de sa conduite, de s’estimer avant tout perfectible, et de tenter d’être attentif à celle des autres” : tout à fait d’accord. Et s’estimer perfectible, c’est accepter de se former tout au long de sa carrière de motard.

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    Au-delà de la polémique relative à la définition du blaireau en moto (même si ce sont là quelques exemples, je ne pense pas qu’il y ait corrélation entre équipement minimaliste, manque d’entraînement ou encore moto bricolée…)
    Mais soit… Pax romana. :-) Un équipement ad’hoc est, il est vrai, toujours le bienvenu. Et cela dit sans complaisance aucune après ces échanges de mail. La preuve : les réseaux de distribution des équipements sont en effet plus compétitifs qu’auparavant… Cependant, quid des stages, encore bien trop onéreux pour en user et abuser tout à loisir.
    Dès lors et malgré tout, que tu le veuilles ou non, cela reste pleinement associé pour la plupart d’entre nous, à une question de hiérarchisation des priorités.

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    Ma réponse

    Entièrement d’accord qu’il s’agit d’une question de priorité.
    Comme l’a dit un des précédents commentateurs, j’ai une approche professionnelle de la conduite moto. La sécurité à moto, c’est mon métier au quotidien et en plus, ma passion. Je n’attends pas que tous les motards français en soient au même point.
    Mais un peu plus ne ferait pas de mal !

    Quant aux stages de perfectionnement (je ne parle pas de ceux de pilotage), ils coûtent, c’est vrai, parfois assez cher. Mais la plupart d’entre eux donnent droit à des réductions d’assurance qui permettent d’en amortir le coût sur trois ou quatre ans.
    Ce n’est pas rien de sortir 300 ou 350 euros pour deux jours de stage, mais il faut se dire que c’est un investissement. Si cela peut éviter ne serait-ce qu’un accident, c’est rentable.

  • Je suis atterré de voir qu’on confonde toujours en encore le mot pilote et motard.
    Un motard, c’est celui qui roule sur une route ouverte à toutes sortes de véhicules et un pilote est celui qui roule sur un circuit.
    Que l’on maîtrise sa moto, que l’on sache comme elle réagit dans un virage ou comment elle freine, il n’y a rien à redire.
    Maintenant venir dire qu’il faille prendre des heures de formation sur circuit pour conduire en ville ou en rase-campagne, relève du délire et de plus, cela pourrait donner des idées à ceux qui font passer le permis pour nous soutirer encore quelques soussous. . Pourquoi ne pas aussi exiger de rouler sur une perche comme cela se fait dans certains centres de formation au Japon?
    Par moments je crois que les motards assimilent la moto à la tauromachie. Cette façon de jouer ou de piloter aux frontières, à la limite de la vie ou de la mort est aberrante.
    La motomachie! : la moto pilotée par des machos. Pas mal ce mot valise, non?
    On lit souvent que le motard parcourt en moyenne 4000 km par an en zone urbaine ou péri-urbaine.
    Cela fait vraiment peu de kilomètres pour la formation de ces soi-disant pilotes avachis sur leur bécane sur le périph ou les grands boulevards.

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    Réponse

    Si votre commentaire est une réaction directe à mon article, je crois qu’il y a maldonne…
    Mon but est justement de montrer que les motards de route n’ont (à 99%) rien de “pilotes”.

    Quand je parle de formation sur circuit, il s’agit de stages de perfectionnement à la conduite sur route ouverte, pas de stages de pilotage de vitesse.

  • Je pense que l’on ne conduit pas une moto, on la pilote (plus ou moins bien c’est vrai). On doit faire corps avec elle, être à l’affut des moindres réactions de sa monture et de celles des autres usagers. J’ai fait de la piste et quelques courses sur circuit et si l’on ne peut décemment pas obliger les gens à faire du circuit, une heure de moto école pourrait se passer sur circuit, car cela apprendrait l’humilité… Combien sont ceux qui se croient des supers pilotes et qui une fois sur un circuit pleurent car ils n’arrivent pas à poser le genou par terre… J’en ai vu tellement des prétendus “pilotes” qui prennent des risques insensés sur route ouverte le dimanche et qui sont à la ramasse avec leur gros cube en se faisant ridiculiser par un 125 dans une courbe de circuit (Carole ou Lédenon pour ceux que je connais puisque le Ricard est privé depuis (trop) longtemps). Et puis qui peut le plus peut le moins. Donc oui à une formation sur circuit, en tout cas les apprentis pilotes, allez traîner sur un circuit vous serez surpris que la moto, la vôtre peut basculer dans un autre monde…celui de la limite (et sans danger)

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    Salut Matthieu,
    Deux choses.
    D’accord sur le côté “pilotage” par les sensations et la position, mais le propos de l’article est justement de montrer qu’il y a une différence entre “piloter une moto” et se dire “pilote de moto”. A penser qu’on pilote une moto au lieu de la conduire, on risque de vouloir se conduire en pilote, alors qu’on n’e possède pas les compétences et qu’on ne roule pas sur circuit.
    A propos de circuit, justement : dès qu’on prononce le mot “circuit”, les motards pensent “vitesse”. Un circuit est avant tout une enceinte clôturée, sécurisée, où l’on peut rouler en totale sécurité et aller tester les limites de sa machine. Pas besoin de foncer à 250 pour cela !
    Et quand je parle de formations sur circuit, il s’agit de formations de perfectionnement pour une conduite de sécurité. Pas pour apprendre à rouler plus vite.

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    Je pense que nous sommes d’accord sur le fait que le circuit est le lieu privilégié pour apprendre à “conduire” ou piloter plus à la limite en toute sécurité. Pas plus vite car rares sont les circuits où l’on peut exploiter toute la vitesse de pointe des machines modernes… alors que les autoroutes et les longues lignes droites sont très fréquentes. Pour ma part le circuit m’a appris à faire la différence entre “prendre des risques inutiles” et rouler plus vite (chrono oblige); cela ne voulait pas dire qu’une fois sur la route je roulais plus vite, je savais que je pouvais risquer ma vie plus souvent sans pour autant avoir les sensations de tutoyer la limite (la prise d’angle, le genou par terre puis l’accélération jusqu’à la gentille dérive de la machine) du circuit, ce qui m’a rendu plus sage et plus humble.

  • charmensat thierry

    euh, le moins que l’on puisse dire c’est que je ne suis pas expert: 4200 km depuis le permis il y a 6 mois… mais il me semble surtout que les attitudes, les trajectoires, positions de conduite, freinage etc… ne peuvent pas être les mêmes sur route ouverte et sur circuit; l’afdm enseigne une conduite défensive, et bien évidemment le freinage et la position en virage, pour ne prendre que cet exemple, ne sont pas du tout les mêmes…et cela ne fait pas partie de l’enseignement de la moto école; je ne suis pas loin de penser qu’un très bon (rapide) pilote sur circuit ne sera pas forcément bon sur route ouverte, et que celui qui est “bon” ( c’est à dire conduite de sécurité) sur route ouverte sera mauvais sur circuit car les techniques sont trop différentes ( sans parler de l’état d’esprit…); même s’il y a bien sur des points communs, la conduite est tout de même bien différente

  • charmensat thierry

    tout à fait d’accord avec fab concernant sa réponse à Lugo: pas de libre arbitre quand ce sont les autres qui payent: ceux qui sont en face si tu rates ton virage ( tu peux leur oter la vie), pas de libre arbitre si tu te gauffre tout seul car c’est la secu qui paye donc nous tous; Lugo connait il le prix d’une journée aux Soins Intensifs? de 1000 à 2000 euros par jour… les Américains eux sont pleinement responsables car ils payent de leur poche… ce qui ne veut pas dire que je sois pour leur système de soins; mais en France les malades “potentiels” sont déresponsabilisés, complétement;…

  • Pour moi celui qui a une moto,est un “pilote”,car la moto (circuit ou route) necéssite une attention accrue,en rapport a une voiture(notament l’equilibre,freinage dissocié,forte sensibilité au revetement et j’en passe) la voiture tu tourne ton volant et t’as que un seul frein enfin pedale plutot. Là cet article nous invite plutot a adopter un etat d’esprit,tel la rigeur,et responsable et rester raisonnable (au vue de l’experience aquerrie,et du niveau global de maitrise d’une moto). perso jai mon permis depuis 2ans et là jpasse le B et bien je me rend compte que en voiture on oublie facilement les moto surtout si on n’a aucun lien avec la moto,alors si une auto-ecole donnait de vrai notion pour Bien apprehender les deux roue…
    et aussi si on formais vraiment ces boulet en scoot 125 qui prenne des risques ahurissant!!(depassement par la droite,pose du pied dans les virage,notion de freinage inexistante…) car on co-habite sur la route!
    Pour ma part je trouve les motard (jentend par là ceux qui ont un permis A et pas les pieces raportée du permis B en 125) sont tout de meme responsable et conscient que la route c’est dangereux surtout pour eux et qu’en moto rien n’est aquis on s’adapte sans cesse!

    Alors quand tu veut faire du tuning,depense ta thune pour tes entretien,tes equipement,tes stage.

    Sur ce un bon pilote est un pilote vivant et vieux (ca exclu pas le plaisir hein!!!)
    bonne route et V

  • en centre de formation de moniteurs auto-ecole on l’appelle le ppda: percevoir prevoir decider agir… et on se rend compte que les eleves-formateurs on une action souvent opposée a leur decision, c’est a dire que durant une conduite commenté ils disent qu’ils vont freiner par rapport a telle situation mais en fait ils accelerent ils n’ont dc pas suffisament anticipé leur action

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    Réponse

    OK…
    Et qu’est-ce que cela nous apprend ?

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    je n’ai pas lu tout l’article juste le petit passage ou il y avait les sigles a peu pres identique au ppda ct juste pr en donner un en plus, va falloir ke je ma rattrape et ke je lise tout


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