Se déplacer en groupe à moto peut se révéler dangereux sans le respect quelques règles de prudence et si l’on ne connaît pas les habitudes de conduite des autres. L’important est de s’organiser et de dialoguer avant le départ.
Cet article est le deuxième d’une série de quatre.
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L’objectif d’un groupe de motards est triple. D’abord rouler en sécurité, sans risquer l’accident entre les membres du groupe. Ensuite, ne perdre personne entre le départ et l’arrivée (ça peut arriver en cours de route, l’important est de récupérer tout le monde au final). Enfin, remplir les deux premiers objectifs en conservant une moyenne à peine inférieure à celle qu’on aurait en roulant seul. Mais plus le groupe est important, plus les risques de ne pas remplir ces objectifs grandissent.
Un petit groupe de trois à cinq motos (le nombre idéal) de même type ou de même catégorie, conduites par des motards possédant à peu près le même niveau d’expérience, risque bien moins de soucis qu’une meute de plus de dix machines hétérogènes.
Il faut toujours garder à l’esprit que dans un groupe, toutes les motos ne roulent pas à la même vitesse en même temps. A cause des distances de sécurité et du temps de réaction, un groupe de motos obéit au principe de l’élastique. Quand le premier accélère, le dernier accélérera un peu plus tard. Du coup, il devra accélérer plus fort pour rattraper son retard. Et du coup, il devra freiner plus fort si la tête de groupe ralentit. Plus le groupe est gros, plus le différentiel est important.
Pour un groupe de plus de cinq motos, la tête de groupe devra alors s’attacher à conduire très souple, sans grosse accélération ni freinage brutal, pour réduire cet effet “élastique”. A l’entrée en agglomération par exemple, il faut décélérer dès qu’on voit le panneau pour que tout le monde entre en ville bien groupé et en respectant la limitation. A la sortie, on accélère doucement après avoir passé le panneau de sortie (et pas dès qu’on le voit), une fois que tout le monde est sorti de l’agglomération.
A chaque fois que le différentiel de vitesse entre la tête et la queue de groupe augmente, un espace se crée et le risque augmente qu’une voiture vienne s’intercaler dans le groupe, ce qui gêne la visibilité.
Se mettre au diapason
Un autre danger qui guette bon nombre de sorties en groupe, c’est l’hétérogénéité des attentes sur le rythme de conduite. Quelles que soient l’expérience et la compétence des motards présents, il importe avant tout de se mettre d’accord avant le départ.
En cas de désaccord, mieux vaut se répartir en plusieurs groupes (voir encadré « Gérer plusieurs groupes ») que de risquer de perdre une moto ou d’obliger certains à rouler au-dessus de leurs moyens. Mettez votre orgueil et vos affinités personnelles dans votre poche, choisissez ceux avec qui vous vous sentez en sécurité, même s’ils ne sont pas vos potes d’enfance ! Il est hors de question de mettre en danger votre vie et celle des autres en roulant “au dessus de vos pompes”.
Il faut donc savoir s’adapter. Si le groupe comprend un(e) grand(e) débutant(e), terrifié(e) de faire sa première sortie en groupe, le mieux est de l’encadrer de deux motards plus expérimentés. Le premier devra lui éclaircir la route sans le semer et surtout l’aider pour les dépassements en veillant à ce que le débutant puisse déboîter et le suivre sans prendre le moindre risque. Dans le même temps, le second motard d’escorte devra veiller à ce qu’aucune voiture ne vienne s’intercaler et rouler trop près du débutant. Lors des dépassements, le suiveur déboîtera avant le débutant pour que celui-ci soit certain d’être couvert et n’ait pas à contrôler ses arrières.
S’il y a plusieurs débutants, intercaler des motards expérimentés tous les deux débutants pour éviter que l’un de ces derniers n’entraîne les autres dans une éventuelle erreur. En cas de gros groupe avec de nombreux débutants, et dans la mesure du possible, il est recommandé d’éclater le groupe en petits groupes de cinq motos, avec deux débutants dans chaque, en deuxième et quatrième positions.
Intégrer les débutants
Dans un souci d’homogénéité, pour éviter que le groupe ne s’étale sur des kilomètres, les motards les plus rapides devront s’aligner sur le rythme du plus lent. Celui qui conduit la moto la moins puissante, qui possède le moins d’expérience ou qui porte les bagages pour tout le monde viendra toujours se mettre en deuxième position.
Quelle que soit la situation, personne ne devra le dépasser, sauf éventuellement sur certaines parties du trajet qui peuvent être réservées au défoulement, voire à l’arsouille. La place de deuxième devra aussi revenir au compagnon de route occasionnel, à un motard expérimenté mais qui ne connait pas les habitudes du groupe déjà constitué, etc. Les motos dotées d’une remorque et les side-cars devront aussi figurer plutôt en tête de groupe, au plus près du rythme de l’ouvreur, pour des raisons d’efficacité moindre de freinage (poids plus important).
Les autres membres du groupe s’échelonneront ensuite en quinconce (décalés gauche-droite), jusqu’au dernier. La règle usuelle est que personne ne change de place, que chacun reprenne exactement sa place dans le cortège après les arrêts et/ou les éventuels moments d’arsouille. Surtout pour les gros groupes et en cas de présence de débutants. Mais cela doit se discuter avant le départ.
Pour les petits groupes de moins de cinq bécanes ou pour ceux qui ont l’habitude de rouler ensemble, une plus grande souplesse est de mise, pourvu que l’on se garde tout le temps en visuel ou qu’on convienne de s’attendre aux changements de direction.
La bonne recette
Une sortie en groupe réussie, c’est parfois une affaire de bon panachage ! Il faut veiller à équilibrer les types de motos, les niveaux d’expérience de la conduite en groupe (qui n’est pas toujours pareil que l’expérience en solo) et les désirs de chacun. Mais aussi les particularités et difficultés.
Ainsi, s’il se trouve des motos avec des clignos ou des phares non homologués, trop petits, ou avec des ampoules grillées, elles devront se placer en milieu de groupe. Mais pas les unes derrière les autres, au risque de rendre invisible un changement de direction à la queue du groupe.
Le cas échéant, veillez à répartir les ressources dans les différents groupes: les éventuels secouristes, les doués en mécanique, les détenteurs de GPS, les téléphones portables…
Point particulier: si le groupe compte un membre susceptible de pouvoir “arrondir les angles” avec les forces de l’ordre (gendarme, policier, douanier, magistrat, avocat, élu, militaire…), il devra de préférence se placer à l’avant-dernière place du groupe. Il pourra ainsi voir si quelqu’un se fait interpeller et s’arrêter pour aller discuter.
Savoir gérer plusieurs groupes
Votre groupe compte plus de 10 motos ? Il vaut mieux le scinder en pelotons de 4-5 motos.
Si ceux-ci doivent se suivre à la même vitesse, ménagez un intervalle de 10 à 30 secondes. A partir de 4 groupes, laisser au moins un kilomètre d’intervalle, plutôt deux. Le risque est grand en effet que l’un des groupes soit ralenti à un moment. Par ailleurs, cela évite le syndrôme “équipée sauvage” de la part d’autres usagers de la route qui pourraient être soit effrayés, soit énervés de rencontrer un grand nombre de motards en peu de temps.
Si plusieurs groupes se suivent à des vitesses différentes (genre “le groupe des rapides”, des “moyens” et des “lents”), faites partir les “rapides” devant et les “lents” en dernier, avec un intervalle de dix à quinze minutes entre chaque groupe. Si les lents partent en premier, il y a fort à parier qu’ils se feront rattraper. Et rien n’est pire pour la sécurité que deux groupes qui se mélangent !
A l’inverse, pour éviter que les rapides ne prennent une heure d’avance, il pourra être utile de définir quelques points de rassemblement où tout le monde se retrouvera avant de repartir en bon ordre. Ces regroupements devront se faire dans des espaces dégagés, assez grands pour que tout le monde puisse se stationner, et protégés de la circulation.
Lire la suite :
“Rouler en groupe et en sécurité (1e partie)“,
“Rouler en groupe et en sécurité (3e partie)“,
“Rouler en groupe et en sécurité (4e partie)“.