14 avril 2008...16:15

Bien acheter une moto d’occasion

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Acheter une moto d’occasion comporte quelques risques. Il va falloir effectuer de nombreuses vérifications pour éviter un achat douteux et éventuellement faire baisser le prix de vente.

A savoir avant tout achat : le vendeur est responsable du bien vendu, il ne doit dissimuler aucun vice (accident, kilométrage, pièces volées). Si, après achat, un doute subsiste, n’hésitez pas à faire contrôler rapidement votre moto: faites appel à un expert. Et si le doute est confirmé, constat d’huissier, plainte…

Pas d’affolement: dans la plupart des cas, vous allez rencontrer des motards sympas qui n’ont rien à dissimuler et qui seront prêts à discuter le prix de vente si vous réussissez à mettre au jour un défaut.

Seconde chose à garder en mémoire : acheter est aussi délicat que vendre.
Votre méfiance est justifiée, mais celle du vendeur aussi.

Lorsque l’on désire acheter un véhicule d’occasion, le faire auprès d’un particulier permet d’obtenir des conditions financières plus avantageuses que si le même achat est réalisé dans un garage ou une concession.
Pourtant, si l’achat dans un garage ou une concession vous assure de disposer d’un recours en cas de vice caché ou de problème quant à l’origine du véhicule, l’achat auprès d’un particulier peut rendre ce recours beaucoup plus aléatoire surtout si certaines précautions élémentaires n’ont pas été prises.

Premier point après avoir choisi une moto sur annonce et contacté le vendeur pour prendre rendez-vous:
le contrôle de la moto

Avant toute chose, prenez votre temps !
Effectuez un contrôle approfondi avant de partir pour un essai et un contrôle rapide après essai (absence de fuite, bruit moteur).

1. Les roues : contrôlez les flancs des pneus, la profondeur des sculptures.
Pour en savoir plus, lire l’article “Choisir ses pneus“.
Vérifiez les jantes : état général, tension des rayons (en cas des roues à rayons, évidemment).
Si la moto possède une béquille centrale, vérifiez la rotation des roues et l’absence de jeu latéral.

2. Les freins : à surveiller, l’usure des plaquettes ou du tambour, l’état des disques (absence de rayures profondes et de voilage), la dureté des commandes de freins avant et arrière.

3. Les suspensions : pas de tube de fourche rayé (= tube tordu).
Contrôle de l’amortissement : si vous jugez la compression ou la détente trop molle, vérifiez les réglages utilisés. S’ils sont déjà positionnés au maximum, les amortisseurs sont HS.
Vérifiez l’absence de fuite au niveau des tubes de fourche et du (ou des) combiné arrière, ainsi que l’absence de jeu dans la colonne de direction.

4. Les commodos :
Contrôler le bon fonctionnement de tout l’équipement électrique avant et arrière (feux de position, feux de croisement, feux de route, clignotants, avertisseur sonore, coupe circuit, feux stop avec le frein avant et arrière, appel de phare, éclairage plaque, voyant et éclairage du tableau de bord).

5. Les commandes :
Vérifier le niveau des liquides (moto droite) et l’absence de fuite. Contrôle des gardes d’embrayage, du frein avant et arrière et de la poignée d’accélération (environ 5mm pour chacun).
Pas de câbles effilochés, pas de commandes de freins spongieuses (= fuite ou durite HS ou bulle d’air).

6. Le moteur :
Bien sûr, s’assurer de l’absence de fuite, sur le moteur et le radiateur.
Vérifier le niveau d’huile moteur, le niveau d’eau, le niveau d’huile 2 temps (si moteur 2T).

Pour le reste, ça devient plus compliqué. Mais vous pouvez facilement constater l’absence de bruit mécanique, l’absence de cliquetis rapide (distribution à régler minimum), les montées en régime franches sans étouffement et sans retour de gaz, l’absence de fumée blanchâtre, épaisse ou bleue (moteur HS).

7. La transmission : si cardan, vérifiez qu’il n’émet pas de claquement excessif (à voir en fonction du kilométrage, c’est normal qu’il fasse du bruit après 100.000 km) et contrôlez le niveau d’huile du pont (ou au moins que le propriétaire sait ce que c’est et y fait attention).
Si transmission par chaîne, contrôler le bon état général (pas de points de rouille), le graissage, la tension,
l’état des dents du pignon et de la couronne (dents pointues = transmission foutue), l’usure…
Pour en savoir plus, lire l’article “Tendre et lubrifier sa chaîne en restant détendu“.

8. L’échappement : vérifier son bon état général (pas de fuite, pas de rouille excessive, absence de dépôt gras à la sortie de l’échappement).

9. Sous la selle : regarder l’état de la batterie, la trousse à outils, les fusibles.

10. Electricité : moteur arrêté, passer rapidement du feu de croisement au feu de route, la réaction doit être immédiate. Dans le cas contraire, la batterie commence à être fatiguée.
Moteur, feux de route, coup de gaz : l’intensité du phare doit augmenter si l’alternateur recharge correctement la batterie.

11. Divers : état des repose-pieds AV et AR, échappement bien droit, état du dessous de la béquille centrale, axe de roue avant, extrémités inférieures des tubes de fourche, extrémités du guidon, leviers, pédale de frein, sélecteur, dessous du bas de carénage, rayures sur le côté de la jante avant… tout un ensemble qui vous permettra de vérifier si la moto a subi une chute.

Vérifier aussi l’état de la visserie. Des vis usées, avec le pas de vis usé, la tête usinée dénoncent des démontages fréquents.

En étant assez rapide, toutes ces vérifications ne vous prendront que cinq ou dix minutes et vous aideront dans votre prise de décision.
Elles pourront vous servir à discuter le prix de vente, mais il faut alors connaître approximativement le prix des pièces.

Deuxième point, pendant l’essai

Prenez le temps de tester séparément les organes principaux: frein avant, frein arrière, embrayage, boite de vitesse, montées en régime rapide, décélération rapide…
Vérifiez la partie cycle en enchaînant des prises d’angle gauche-droite (comme au slalom du permis), et pour finir, une petite longueur sans les mains, histoire de vérifier l’équilibrage de la moto.

Seul l’essai de la moto vous permet de mettre au jour des problèmes moteur, de boite ou de partie cycle.
Si le vendeur refuse de vous faire essayer la moto en solo ou de vous servir de passager, rentrez chez vous.

Troisième point, le contrôle des documents

Avant tout, vérifier la carte grise

Il est important de s’assurer que la personne titulaire de la carte grise du véhicule est bien celle qui propose la moto à la vente. Toujours sur la carte grise, il est possible de lire au maximum 3 dates qui peuvent vous permettre d’avoir une petite idée sur la vie du véhicule que vous désirez acheter :
- en haut et à droite : “date de 1ère mise en circulation” qui sert à la cotation du véhicule ;
- en haut et au milieu : “date” qui est la date à laquelle la carte grise au nom du propriétaire actuel a été établie ;
- en bas et au milieu : “date et N° certificat précédent” qui va mentionner la date à laquelle l’immatriculation précédente à celle du propriétaire actuel a été établie.

Il est important de comparer ces 3 rubriques

Si la même date est inscrite dans les rubriques “date de 1ère mise en circulation” et “date” tandis que dans la zone “date et N° certificat précédent” figure la mention “Neuf”, vous êtes en présence d’un véhicule de 1ère main.

Si les zones “date de 1ère mise en circulation” et “date et N° certificat précédent” font apparaître la même date tandis qu’une date différente figure dans la zone “date”, il s’agit d’un véhicule ayant eu deux propriétaires différents.
Dans ce cas, il est possible de rencontrer des véhicules dont le propriétaire a changé d’adresse ou ayant fait l’objet d’une délivrance de duplicata de la carte grise. Dans ces deux derniers cas, les mentions “duplicata délivré le …” et “changement de domicile” figurent sur le haut de la carte grise.

Si les dates figurant dans ces zones sont toutes différentes, vous êtes probablement en présence d’un véhicule ayant eu au moins trois propriétaires différents.

Dans le même ordre d’idée, soyez très prudents et demandez des explications précises lorsque la zone “date” et la zone “date et N° certificat précédent” mentionnent des dates proches l’une de l’autre (moins de 6 mois).
En effet, lorsqu’il y a trafic de véhicules volés ou remise en circulation d’épaves, il est très fréquent d’assister à des changements de propriétaires successifs et rapides pour brouiller les pistes.

Dernier contrôle à faire, vérifier que le numéro inscrit sur la carte grise dans la zone « numéro dans la série du type » correspond bien à celui figurant sur la moto.

Ce numéro dans la série du type est parfois appelé “numéro de série” ou “numéro de châssis”, mais son appellation officielle est Numéro d’Identification du Véhicule (N.I.V ou Vehicle Identification Number, “V.I.N” en anglais).

Le N.I.V doit avoir une longueur de 17 caractères et peut être divisé en 3 sections :

1. Les 3 premiers caractères sont réservés à l’Identification Mondiale du Constructeur (W.M.I, World Manufacturer Identification, en anglais). Suivant cette codification, chaque constructeur est identifié mondialement avec parfois des variations suivant le pays où se trouve l’usine de fabrication.
2. Les 6 caractères suivants sont consacrés à la Section de Description du Véhicule (V.D.S, Vehicle Description Section en anglais) où l’on va trouver une codification du type élaborée par le constructeur.
3. Les 8 derniers caractères constituent la Section d’Identification du Véhicule (V.I.S, Vehicle Identification Section en anglais). Il s’agit d’un numéro séquentiel attribué au véhicule et ce dans le type et pour le constructeur concerné.

Emplacement du V.I.N
Afin de vérifier la concordance entre ce numéro se trouvant sur la carte grise et celui figurant sur la moto, il faut savoir que ce numéro peut être trouvé à 2 endroits du véhicule suivant les cas :
- sur le châssis du véhicule ;
- sur la plaque constructeur.

Le N.I.V se trouvant sur le châssis doit être frappé à l’aide de poinçons ou gravé sur une pièce essentielle de manière à ce qu’il ne puisse s’effacer accidentellement ou s’altérer. Il doit être placé de manière visible sans qu’un démontage ne soit nécessaire.
La plaque constructeur sur laquelle figure également le N.I.V est soit une plaque aluminium de couleur argentée ou noire, soit une étiquette adhésive qui peut être noire, blanche ou translucide.

Vérifier les documents nécessaires à la vente

En plus de la carte grise, le vendeur de la moto doit avoir en sa possession un certificat de situation du véhicule qui va indiquer (suivant les cas) l’absence d’opposition, l’existence d’un gage, une opposition du Trésor public, etc.
Ce document n’étant pas très compliqué à contrefaire, il peut être judicieux de formuler de votre côté une demande de certificat de situation auprès de l’administration, ce qui peut être fait via internet.

Quatrième point, définir le le paiement

Dans la mesure du possible, ne vous précipitez pas, n’achetez pas le véhicule sur le parking où vous l’avez vu, refusez les rendez-vous dans un bar.
Essayez plutôt de rencontrer le vendeur à son domicile. Cela peut être très utile de connaître son adresse si un problème devait survenir par la suite.

Au moment du règlement, il est capital de refuser absolument tout versement d’espèces.
Les explications du genre “ma femme et moi sommes en instance de divorce et je ne veux pas que cet argent apparaisse sur le compte de la communauté” ou “la société dont je suis le gérant a des problèmes financiers” sont des arguments couramment utilisés par les trafiquants pour vous amener à un versement en liquide.
Un recours éventuel serait alors très difficile à effectuer.

Si le vendeur vous dit ne pas avoir confiance dans un chèque, proposez-lui de vous rendre à votre agence bancaire afin de faire établir ensemble un chèque de banque.

N’oubliez pas que, compte tenu des sommes qui peuvent être mises en jeu, l’achat d’un véhicule n’est pas une opération ordinaire. Expliquez-le au vendeur qui, s’il est honnête et se met à votre place, comprendra tout à fait votre position.

Quelques conseils en vrac

Evitez de vous rendre (vendeur comme acheteur) seul au point de rendez-vous, ça détend. Et un “otage” pendant l’essai solo reste le meilleur deal.
Si vous êtes seul, un vendeur censé ne vous laissera jamais essayer la moto en solo, même si vous laissez une caution (papier d’identité, CB, chèque…).

Emmenez avec vous un(e) ami(e) qui a de bonnes connaissances mécaniques.

Avant le rendez-vous, renseignez-vous sur la cote, les prix de vente pratiqués et les tarifs de l’assurance.

Essayez de tirer les vers du nez du vendeur sur l’utilisation de la moto, type de conduite, duo…
Ne pas forcément associer une conduite sportive à un mauvais traitement mécanique. Par contre, un usage sur piste implique une sollicitation supérieure à la moyenne et le risque accru de chute(s).

Vérifiez les factures d’entretien, le carnet de garantie ou carnet d’entretien de la marque, les tampons de révision.

Une moto sale n’est pas vraiment un bon point de départ.

Prévoyez un chèque de banque.

N’achetez pas une moto sans l’essayer.

Et surtout, pas de précipitation ! Réfrénez votre enthousiasme, ne cédez pas au coup de coeur. Un achat impulsif est souvent source de regrets. Une super bonne affaire est (presque) toujours suspecte. Une simple bonne affaire est rarement seule et unique. Il y en aura d’autres.

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A lire pour compléter:

Les conseils de Moto Services pour l’achat d’une moto d’occasion
“Occasion moto-scooter : Bien acheter”, par Moto-Station

Un commentaire

  • Bonjour,

    Très bon site sur une passion commune qu’est la moto.
    Les infos sur le site sont interresantes, on prend plaisir à lire.
    Merci et bonne continuation
    Gaz ! ^^


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