La plupart des motards s’arrêtent un jour de rouler. Pour une semaine de gel, les mois d’hiver ou quelques années, voire décennies… Beaucoup remontent en selle, tôt ou tard. Mais la moto, ce n’est pas comme le vélo, ça s’oublie !
Un tiers des accidents de moto concerne des motards de moins de deux ans d’expérience. Les enquêtes détaillées montrent par ailleurs que, même pour les motards expérimentés, le risque est maximal au cours des six premiers mois sur une nouvelle moto.
Or si vous êtes resté plusieurs mois ou années sans rouler à moto, vous avez retrouvé le niveau d’un débutant (ou presque) : non seulement on n’apprend rien quand on ne roule pas, mais on perd très vite. Même une simple « pause » hivernale suffit pour oublier ses sensations, ses points de repère, ses réflexes.
A la reprise de l’activité moto, il importe de se réhabituer, de retrouver ses marques. Replonger directement, sans préparation, dans le flot de la circulation reviendrait à jouer à la roulette russe. Alors que quelques exercices simples, pratiqués hors circulation, permettent de vite se remettre en jantes ! A vous de voir si vous préférez vous exercer seul ou à l’occasion d’un stage de perfectionnement.
La base : le « huit »
On commence avec deux plots (des bouteilles plastiques d’eau ou de lait font très bien l’affaire), espacés d’une dizaine de mètres.
Le but est de tourner autour, en passant le plus près possible de chacun avant de repartir en ligne droite, mais sans rouler dessus. Virage sur le premier rapport, ligne droite sur le deuxième. Pas de freinage. Soignez le regard ! Quand vous abordez le virage, tournez complètement la tête et regardez la sortie, c’est-à-dire le point d’entrée en ligne droite. Puis dans le virage, vous regardez le milieu de la ligne droite. En sortie de virage, le point d’entrée du virage suivant. Tournez d’abord dans un sens, puis dans l’autre. Puis formez des “huit”, en croisant entre les deux plots. A mesure de votre progression, rapprochez les plots l’un de l’autre, mètre par mètre.
Un autre exercice fondé sur le même principe consiste à former une croix avec cinq plots pour tourner autour des quatre points en repassant à chaque fois par le plot central, toujours en formant des « huit ». A l’inverse de l’exercice précédent, on démarre au plus serré, avec deux longueurs de moto entre chaque plot. Puis vous multipliez cet espacement par deux tout en augmentant la vitesse et les rapports : deux longueurs en 2e (1e rapport dans les virages), quatre longueurs en 3e (2e rapport en virage), huit longueurs en 4e… Alternez les deux sens de rotation.
La suite, le carré.
Avec quatre plots, formez un carré. D’abord grand, genre cinq mètres de côté. Puis à mesure de votre progression, resserrez par 50 cm à la fois. Au final, le côté du carré doit mesurer environ une fois et demie la longueur de votre moto. Le but est de tourner à l’intérieur du carré, sans sortir et sans toucher les plots.
Tournez d’abord dans un sens, puis dans l’autre. Régime constant, d’abord ralenti de première, puis un peu plus rapide. Jamais de freinage ni d’accélération, sauf en cas de perte d’équilibre : mettre alors un petit coup de gaz pour revenir en ligne. Le but de l’exercice est d’apprendre à faire évoluer votre regard : il ne doit rien fixer, il avance en même temps que la moto, il se porte en avant chaque quart de seconde. Cela demande une grande concentration, c’est très fatiguant, l’exercice ne doit pas durer plus de dix minutes à la fois.
Il faut tout le temps regarder deux plots à l’avance. Enfin, pas les plots (sinon vous irez dedans et sortirez du carré), mais entre les plots : regardez deux côtés à l’avance, tête tournée à 100 degrés, par dessus l’épaule. Vous ne voyez même plus votre guidon. Bien le tenir, ce guidon, mais sans se crisper dessus. Serrer la moto avec les genoux, en léger appui sur les pieds. Pieds parallèles à la moto, pas en canard, en appui sur la partie charnue juste derrière les orteils. Position dynamique, fesses légèrement décollées, dos droit. Epaules et coudes relâchés.
Même avec plusieurs dizaines d’années d’expérience, vous serez surpris de la difficulté de cet exercice…
Rester humble
Au-delà de ces exercices techniques, remonter en selle demande avant tout un état d’esprit fait de modestie et de prudence.
Or l’assurance que donnent l’âge et la maturité fait parfois oublier l’humilité. Il s’agit au contraire de ne pas se surestimer. A quoi sert l’expérience, si ce n’est à acquérir la maturité et la sagesse qui devraient justement empêcher de reproduire les erreurs des débutants ?
Quand vous reprenez le guidon, limitez au maximum les prises de risque et surtout, n’y exposez pas un (e) passager(e).
Attendez d’avoir recouvré vos réflexes avant de faire parler les chevaux !
7 commentaires
28 mars 2008 à 11:21
Tout à fait vrai, on perd rapidement les repères.
Je viens de reprendre la moto après trois ans d’arrêt. Si je n’ai rencontré que très peu de problèmes en maniabilité lente, il n’en est pas de même en ce qui concerne la prise d’angle ou la conduite sous la pluie. .. Cela revient, mais tout doucement.
J’ai pensé au stage de conduite, et je vais surement en faire un, mais les prix sont exorbitants pour une simple journée avec à peine trois ou quatre heures réelles en selle… Ces stages sont souvent vendus avec l’argument d’une prise en compte de ce stage dans le prix de l’assurance, mais après vérification, aucun d’assureur ne le fait, hormis la Mutuelle des Motards (-20%), mais à la condition que ce soit un stage organisé par eux… Au prix de presque 350 euros… Et on parle de prévention et de sécurité ? Combien vaut réellement le cout d’un intervenant pour une douzaine de stagiaires (alors qu’il rentre en recette 350×12=4200 euros) ? On se moque un peu du monde tout de même… A quand un article sur ce sujet ?
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Réponse
Mais c’est déjà fait…
Et c’est ici : Perfectionner sa conduite moto !
29 mars 2008 à 14:56
Suis récemment arrivé sur cet excellent blog, pas encore tout lu…
Merci, il est très complet cet article
30 mars 2008 à 07:55
à propos du prix des stages , je crains que marsiho ne connaisse pas tous les inconvénients des entreprises quelles qu’elles soient! le prix semble astronomique, mais combien coute la location d’un circuit? des motos? la mise en place des éléments de sécurité? la vidéo et son matériel sans parler du personnel nécessaire en plus du moniteur? connait il pour les non salariés le prix des caisses de retraite et de l’urssaf? rien à voir avec un salarié du privé ou du public…pour ma part mon revenu net est de 45% du brut, pas 78% comme un salarié. La France est un pays où les charges sont astronomiques, cela a des bons cotés ( protection sociale) mais aussi des mauvais. Donc stp marsiho, ne juge pas sans connaitre. Merci.
4 septembre 2008 à 14:24
c est bien vrai car moi rien que pour la 125 eh bien meme en cours de conduite j avais demandee au moniteur de me rapprochee les lecons sinon j en n avais une toute les deux semaines et alors la la cata on n aurait dit que j avais rien retenue du tout oubli total c est pour cela que maintenant je continue un peu tout les jours mais alors le coup des plots j ai horreurs de ca pour l equilibre merci bien c est la que l on s apercoit que se n est pas facile a maitriser sa machine car il faut jouer de l embrayage et de l accelerateur a la fois moi c est une horreur et comme le mono le c en plus eh bien il m en fait faire le plus possible malheureusement je suis bien obligee d y faire mais habitant en ville entrainement toute seule pas evident car meme sur un parking il y a des gravillons et d ailleurs c est la que je me suis retrouver au sol derapage en tournant mais bon rien de casser heureusement pour moi lol
eh oui lorsqu on commence mieux vaut ne plus s arreter sinon on perd tout pourquoi j en c rien mais bon c est comme cela.
7 mai 2009 à 07:01
par pitié utilisez un correcteur “d’ortograf”
23 septembre 2008 à 19:36
coucou
j’ai pris des heures pour ma 125 et vraiment ca m’a pas mal aidé !!
30 septembre 2008 à 09:09
J’ai eu une dizaine de motos depuis 1985 : Honda MB80, Honda MBX 125F, Suzuki RG250, Suzuki RG500 puis arrêt pour…une voiture en 1990 (d’étudiant à la vie professionnelle, les besoins sont différents). Le “démon” ou la passion m’a repris en 1998 avec l’achat d’occasion d’un RG500 – mais elle avait plus vieilli que dans mes souvenirs et je suis passé à un Suzuki GSXR 750, j’achète un GSXR 750 dernier modèle en 1999, le transforme en moto de piste pour faire du circuit et m’amuser un peu plus que sur la route puis réarrêt pour des raisons financières. Je décide de reprendre en 2000 en me disant, fini la vitesse, je m’achète un bon vieux Yamaha XJR 1300, mais si le couple est fabuleux je me lasse de cette moto sans saute-vent et le clou, c’est l’achat d’un Suzuki Hayabusa 1300 GSXR en 2001, la meilleure moto que j’ai possédée de ma vie de motard. Je la garde un an et demi car la répression se fait de plus en plus grande et je me dis que j’ai eu pas mal de chances de ne pas avoir eu d’accidents en prenant la route pour un circuit avec les copains le dimanche.
Et voilà, j’ai repris un scooter Peugeot Speedfight 100 en 2003 une interruption d’un an puis de nouveau un scooter Peugeot Speedfight 100 en 2006 et là je viens de craquer pour le scooter Honda SH 300i : la moralité de – excusez moi d’avoir été long et d’avoir raconté ma vie… – le virus du deux roues ne se perd pas, il est toujours là et j’adore toujours rouler vite même si des concessions ont du être faites, c’est devenu un moyen de transport-plaisir et non plus de passion-plaisir. Quel lien avec votre article ? lol. Les réflexes reviennent vite, regarder les conducteurs en voiture qui ne font pas attention, leur roue gauche qui va braquer alors que le clignotant n’est pas mis, ceux qui écoutent de la musique à fort volume sans vous avoir vu déboucher, ceux qui sont distraits à leur portable; la manière d’appréhender la route en deux roues est tellement plus fascinante qu’en voiture (que j’ai aussi pour les longs trajets, la pluie et l’autoroute)