Décryptage et commentaires sur les chiffres d’accidentologie des deux-roues à Paris en 2006 et 2007.
Un article du Monde daté du 4 janvier 2007 nous apprend que:
“En 2006, le nombre d’accidents a augmenté à Paris”
“Au cours des neuf premiers mois de l’année, le nombre total de victimes d’accidents est passé de 6 225 à 6 546, soit une augmentation générale d’un peu plus de 5 %, selon des chiffres de la préfecture de police. Les accidents de la route, sur l’ensemble de l’année 2006, ont fait 64 tués, contre 54 en 2005.
Les chiffres révèlent une hausse très claire des accidents de deux-roues motorisés (+ 9,8 %, avec un total de 3 377 accidents entre janvier et septembre inclus). Le nombre de pilotes de deux-roues tués est, pour toute l’année 2006, de 27, contre 18 en 2005, soit une augmentation de 50 %.
Pour expliquer ces mauvais chiffres, Roland Maucourant, contrôleur général de la police nationale et chef de projet sécurité routière à la préfecture de police, avance deux explications majeures.“
La suite sur le site www.lemonde.fr
Encore une fois, le flou artistique règne sur les chiffres exacts. Le titre de l’article parle de l’année 2006, mais précise d’entrée de jeu qu’il ne s’agit que des neuf premiers mois de l’année, pour donner ensuite des chiffres sur l’ensemble de l’année, sauf que ceux-ci sont impossibles à recueillir dès le 4 janvier puisqu’on compte désormais les morts à 30 jours…
Le chiffre de 64 tués, dont 27 à deux-roues moteur, porte en réalité sur les 11 premiers mois de 2006.
A rapprocher d’une autre info, source RTL Info, publiée le 12 décembre 2006:
“Le chiffre est effrayant : le nombre de morts parmi les motards a connu une augmentation de 41%, sur le macadam parisien en 2006. Avec 24 tués, ce sont 7 personnes de plus qui ont perdu la vie par rapport à 2005. Dans un même temps, on a compté moins de victimes chez les piétons et les cyclistes.
Cette hausse, qui intervient après cinq années de baisse, suscite un débat sur ses causes.
Pour le préfet de police de Paris, “certains usagers qui ont choisi les deux-roues ont tendance à oublier les règles” du code de la route, sans doute parce qu’ils cherchent, avec leur engin, à “s’affranchir des contraintes de la circulation urbaine”.
Pour les associations de motards, au contraire, ce sont les nouveaux aménagements urbains et le code de la route enseigné aujourd’hui dans les écoles qui sont inadaptés, ainsi que l’augmentation du nombre de conducteurs de deux-roues qui augmente mécaniquement le nombre de victimes.
De son côté, la mairie de Paris demande à ce que les forces de l’ordre soit plus sévères avec les contrevenants casqués.“
Parenthèse: on remarquera la performance qui permet à cette info de donner les chiffres sur l’ensemble de l’année 2006 dès début décembre de la même année. Les accidentés entre le 11 et le 31 décembre apprécieront… En réalité, il s’agit là des chiffres sur les trois premiers trimestres de l’année.
Rappel des définitions : un accident corporel provoque une ou plusieurs victimes et implique au moins un véhicule.
Parmi les victimes, on distingue les tués, les blessés graves (hospitalisés) et les blessés légers.
Depuis le 1er janvier 2005, l’État a changé la définition de la gravité des victimes d’accidents corporels, afin de s’aligner sur la directive européenne. Un tué est une victime décédant dans les 30 jours suivant l’accident (au lieu de 6 jours antérieurement).
Un blessé grave est une victime nécessitant plus de 24 h d’hospitalisation (au lieu de 6 jours minimum antérieurement).
Cette nouvelle définition entraîne mécaniquement une augmentation du nombre de tués et de blessés graves, et empêche toute comparaison avec la situation antérieure.
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Maintenant que les termes sont posés clairement et que nous savons ne pouvoir nous fier aux infos vite faites des médias grand public, comparons maintenant l’accidentologie des différentes catégories d’usagers.
La répartition des victimes en 2006 est la suivante :
53% deux-roues motorisés: 4 837 victimes dont 4 447 blessés légers, 363 blessés graves, 27 tués
22% piétons : 2 054 victimes dont 1 786 blessés légers, 243 blessés graves, 25 tués
19% quatre-roues : 1 773 victimes dont 1 696 blessés légers, 67 blessés graves, 10 tués
6% vélos : 506 victimes dont 463 blessés légers, 41 blessés graves, 2 tués
Gros changements en 2007 : les chiffres de l’accidentologie 2007 dans la capitale traduisent deux évolutions opposées.
Tout d’abord un nombre de tués “historiquement bas” (37 contre 64 en 2006, soit une baisse de 42,19%). En revanche, par rapport à l’année précédente, le nombre global des blessés est en augmentation de 8,4% (9.871 contre 9.106) et celui des accidents corporels de 7,87% (8.569 contre 7.944).
Les piétons et les cyclistes sont les usagers de la route les plus vulnérables.
En 2007, ils représentent plus de la moitié des tués (22 sur 37) dont 17 tués pour les seuls piétons. Dans cette dernière catégorie, le nombre des victimes, après avoir fortement chuté entre 2001 et 2005, est en hausse régulière depuis deux ans.
Sur les 17 piétons tués l’an dernier, 13 étaient âgés de plus de 65 ans.
Côté cyclistes, on compte 694 victimes (+ 37,15% par rapport à 2006) dont 5 tués (contre 2 en 2006). Les cyclistes, en valeur absolue, forment la catégorie d’usagers la moins touchée par les accidents corporels à Paris, avec 7% de la totalité des victimes. Mais ils sont, en valeur relative, très vulnérables puisqu’ils ne représentent que 2 à 3 % du trafic.
En raison de l’augmentation des déplacements en vélos, leur exposition au risque s’est accrue de plus de 37% en 2007, malgré les nombreux messages de prudence diffusés, la sensibilisation qui a accompagné le déploiement des vélos en libre-service Vélib et la forte progression de la verbalisation des cyclistes pour comportements dangereux (+118,7%).
Les conducteurs ou passagers de deux roues motorisés sont de leur côté les plus touchés par les accidents de la route en 2007 à Paris avec 5.287 victimes, dont 14 tués, ce qui représente 53,36% de l’ensemble des victimes de l’accidentologie de la capitale.
Les accidents de cette catégorie sont en hausse de 9,33% par rapport à l’année précédente et ont fait 1.200 victimes supplémentaires en trois ans.
Les automobilistes et occupants de voitures ou camions sont relativement épargnés en 2007 à Paris avec un seul tué (contre 10 en 2006) et un total de 1.747 victimes (contre 1.773 en 2006) soit 17,63% des victimes des accidents à Paris.
Pour les différentes catégories de victimes, la répartition entre blessés et tués n’a pas été précisée pour l’ensemble de l’année.
Nous possédons en revanche des chiffes sur les trois premiers trimestres :
- les piétons : 1.480 blessés de janvier à septembre 2006 et 1.522 blessés de janvier à septembre 2007 ;
- les cyclistes : 266 blessés de janvier à septembre 2006 et 339 blessés de janvier à septembre 2007 ;
- les deux-roues motorisés : 18 tués de janvier à septembre 2006 et 22 tués de janvier à septembre 2007 ;
- les automobiles et véhicules à grand gabarit : 10 tués en 2006 et aucun tué au 30 septembre 2007.
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La Préfecture de Police recommande aux automobilistes, étant donné l’importance du nombre des cyclistes, d’utilisateurs d’engins à deux-roues à moteurs et de piétons, de ne pas changer de file sans précaution ou de ne pas accélérer trop vivement lorsque la circulation devient fluide.
Les cyclistes sont invités à ne pas slalomer dangereusement parmi les véhicules, surtout de grand gabarit. En changeant de voies, ils risquent aussi d’être percutés par des deux-roues à moteur remontant les files.
Les conducteurs de deux-roues moteur, qui roulent plus vite que les autres usagers, sont invités à prendre conscience qu’ils sont dangereux pour eux-mêmes, pour les cyclistes et pour les piétons.
Enfin les piétons doivent traverser la chaussée sur les passages protégés lorsque la figurine est verte dans les caissons lumineux. Un trop grand nombre d’entre eux marchent sur la chaussée parmi les véhicules à l’arrêt, au risque d’être renversés par un deux-roues surgissant entre les files.
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Extraits commentés de l’article du Monde:
“une hausse des accidents de deux-roues motorisés (+ 9,8 %).”
“La première cause de cette hausse, c’est la progression du parc de deux-roues. Selon la mairie, il a augmenté de 14 %.”
Soit en fait, une baisse de l’accidentologie à chiffres constants.
Sauf que… Sur quelle période porte le chiffre de l’augmentation du parc de deux-roues ? Et de quel parc parle-t-on, sachant que tous les deux-roues ne sont pas immatriculés ? Comment mesurer une augmentation puisque l’on ne sait même pas combien il y avait de deux-roues avant la mise en place de l’immatriculation des moins de 125cc neufs ?
Lire l’article “Combien sommes-nous ?“.
L’autre explication à cette augmentation concerne l’attitude des conducteurs de motos, mobylettes et surtout scooters. “Les conducteurs de scooters éprouvent, de plus en plus, un sentiment de liberté, notamment dans les embouteillages. Ils remontent souvent les files de voitures de manière dangereuse et effectuent trop de slaloms.”
On sait tous ce qu’il en est, ce sont les scoots et les 125 qui commettent le plus de bêtises dans Paris. Dans le même temps, ce sont aussi ces conducteurs qui sont les moins bien protégés (casque jet pas attaché, pas de gants, blouson sans protections, pas de pantalon renforcé, etc.)
Quand est-ce que la préfecture se décidera à distinguer dans ses comptes les différentes catégories de deux-roues ? Ou est-ce qu’elle craint trop de s’apercevoir que la majorité des accidents de deux-roues sont commis par des conducteurs roulant sans formation avec l’autorisation de l’Etat ?
Lire l’article “Toujours plus de 125, plus d’accidents… mais pas de formation“.
“Cependant, la première cause d’accident reste la vitesse excessive.”
Et comment qu’il le sait, le monsieur ? Y avait un radar sur le lieu de l’accident ?
“Vitesse excessive” pour eux, ça veut dire que le gars n’a pas eu le temps d’éviter le crash. Pour moi, cela révèle plutôt un défaut de maîtrise ou un manque de vigilance.
Cela dit, ce brave homme emploie bien le terme de “vitesse excessive” et non d’excès de vitesse. On peut en effet admettre que les deux-roues accidentés roulaient trop vite par rapport aux conditions de circulation. On peut être en vitesse excessive et avoir un accident à 30 km/h.
Rappel: environ la moitié des accidents de deux-roues (en général, pas seulement à Paris) ont lieu à moins de 50 km/h et dans 70% de ceux impliquant une voiture, c’est l’automobiliste qui en est responsable (étude européenne MAIDS 2004).
“Les contrôles de vitesse, notamment, seront intensifiés. Sur les dix premiers mois de 2006, la police a déjà adressé, sur Paris, 49 627 PV pour des infractions routières commises par des pilotes de deux-roues.”
Rien ne dit que ces infractions portaient sur la vitesse.
Il peut tout aussi bien s’agir de circulation dans les couloirs de bus, d’usage de téléphone portable, de non-port du casque, etc. Même si dans les faits, les excès de vitesse constituent l’infraction la plus souvent verbalisée (sans être forcément celle la plus constatée).
Les zones qui connaissent le plus d’accidents:
- les Champs-Elysées et la place de la Concorde, soit des zones où on ne roule pas vite, avec plein de touristes qui ne connaissent pas la ville et qui roulent lentement pour admirer le paysage, des flux de circulation difficiles à identifier, beaucoup de changements de direction avec peu de marquages au sol (Concorde)…
- l’avenue Denfert-Rochereau, l’avenue ou la place ? Là encore, la place est un grand carrefour à multiples entrées, type Concorde.
- le souterrain des Halles, soit une voie sans piétons, sans cyclistes, sans feux rouges, avec juste des “cédez le passage”, cherchez l’erreur…
- le boulevard de Magenta, avant, pendant ou après les travaux ? Curieux pour un axe qui devait redevenir “civilisé” et sécurisé après tant de mois de travaux qui ont emm… tout le monde. Pour rien ?
Au chapitre des voies de la capitale les plus accidentogènes, l’avenue des Champs-Elysées, entre le souterrain de la Concorde et l’avenue Dutuit, se classe en tête avec 30 accidents ayant fait un tué et 30 blessés.
S’agissant des carrefours, celui de l’avenue des Champs-Elysées et de la Place de la Concorde a enregistré, en 2007, 40 accidents faisant 41 blessés mais pas de mort.
Globalement, je ne vois aucun danger particulier lié à l’infrastructure dans ces zones qui ne sont en tout cas pas celles où on roule le plus vite. Le problème majeur reste encore et toujours le manque de vigilance (signalisation des changements de direction et contrôles visuels) dans une circulation très dense.
“Les piétons, à Paris, sont indisciplinés, assure Roland Maucourant. Ils se croient habiles et ne respectent pas assez les signaux lumineux et les passages qui leur sont réservés.” Selon le contrôleur général, “les piétons sont eux-même responsables de plus de la moitié des accidents dont ils sont victimes.“
J’aurais personnellement tendance à généraliser le propos…
Tous les usagers de la route sont responsables des accidents dont ils sont victimes. Et à Paris, tout le monde est “indiscipliné”, se croit habile et ne respecte pas assez la signalisation !
La vitesse excessive étant la première cause d’accidents dans la capitale, la police va intensifier en 2008 les contrôles de vitesse. Elle entend également poursuivre la lutte contre l’alcoolémie, mieux faire respecter la priorité des piétons engagés sur les passages protégés et inciter les nouveaux cyclistes à mieux respecter le code de la route.
7 commentaires
24 novembre 2007 à 22:45
Bien parlé!
V
19 décembre 2007 à 15:56
Voilà une analyse très rafraichissante des chiffres officiels dont l’analyse par l’Administration est souvent orientée et tronquée. Cela révèle aussi que la presse, même “bien-pensante”, fait l’impasse sur l’analyse critique que l’on attend d’elle.
14 janvier 2008 à 22:25
Respect ! Que des vraies choses mais qui curieusement, sont soigneusement dissimulées, perverties, faussées.
Un urgentiste motard, lucide depuis 27 ans.
26 janvier 2008 à 14:44
Bonjour
PS : Fabien, ce n’est pas toi qui était venu chercher une pelleté de Wired à l’époque ou j’habitais dans un grenier à Montmartre il y a une foule d’années ? À cette époque j’étais aussi journaliste. Je suis tombé sur ton (excellent) site sur le forum des BM roadster (je roule sur une R850R) Si oui.. small planet ☺
Pour le reste, je crois qu’à Paris (et sans doute dans plein d’autres grandes villes) le taux d’accident auto contre moto pourrait être substantiellement réduit si tout le monde (force de l’ordre comprises) respectait le Code de la route.
Le gros problème à paris c’est le changement de file sans clignotant de la part des voitures et le nom respect de la priorité due à quelqu’un qui a signalé son intention de changer de file en mettant son clignotant avant d’amorcer la manœuvre, de la part des motards.
La focalisation des pouvoirs publics sur la vitesse m’énerve. En moto qu’on se gaufre à 110 ou à 210 dans les deux cas on est mort (ou dans un état qui risque de faire regretter de ne pas l’être).
Je crois que les problèmes vont se réduire de façon spectaculaire le jour ou :
1- les automobilistes utiliseront leur clignotant, et ce, dans les conditions prévues, c’est-à-dire :
a. Je mets mon clignotant pour prévenir que je veux changer de file ou tourner de façon plus générale
b. Je regarde si personne n’arrive par l’arrière
c. Si c’est le cas, j’effectue ma manœuvre
2- les motards respecteront le clignotant des automobilistes, et ce dans les conditions prévues, c’est-à-dire :
a. Si une voiture a mis on clignotant elle est prioritaire
b. Donc je la laisse faire sa manœuvre
c. Une fois qu’elle a terminé, je passe
Je roule en moto depuis plus de 30 ans (avec quelques brèves interruptions) et en très grande majorité en ville et surtout à Paris, et c’est clairement là qu’est le danger.
Des changements de file sans cligno j’en vois tous les jours (je fais 50Km/jour pour aller/revenir du boulot), mais d’autre part (et en ce sens, le périf parisien est caricatural) AUCUN motard ne respecte le clignotant des automobilistes.
Résultat, un automobiliste de bonne fois, ayant utilisé sa signalisation dans les règles, peut rester très longtemps à attendre que la file de motos qui lui passe devant s’éloigne pour effectuer sa manœuvre.. qui est devenue impossible parce qu’entre temps l’autre file de voitures a refermé l’espace qu’il convoitait.
Lorsque j’ai commencé la moto au début des années 80, entre auto et moto c’était la guerre. Lorsqu’une auto pouvait coincer une moto, elle le faisait, lorsqu’un motard disposait d’un prétexte potable pour allonger un coup de botte dans une portière il le faisait.
Aujourd’hui, sans doute partiellement du fait de l’effet scooter d’un côté (beaucoup d’automobilistes sont aussi des utilisateurs de deux roues et donc peuvent comprendre la situation des motards), et également pour des raisons de génération (les motards des années 80/90 sont pour partie des pères de famille et roulent aussi voire exclusivement en voiture), aujourd’hui donc, les relations se sont pacifiées et c’est très bien.
Mais le Code de la route lui, est devenu quelque chose de tout à fait facultatif, et ça c’est moins bien.
Une anecdote pour illustrer.
Il y a un an, je me suis fait radariser sur les quais de Seine (en face de la tour Effel un poil avant, sur la voie rapide en contre bas) à 54 pour 50 km/h (no comment).
Je remonte du quai pour rejoindre le quai lui-même un peu après la Maison de la Radio et donc des pandores me font signe de m’arrêter, je n’étais pas le seul il y avait une file de voitures.
Pendant que le gars m’explique que je roulais trop vite etc… les voitures remontant de la voie rapide changeaient de file l’un après l’autre pour éviter la file de véhicules arrêtés.
Il y avait des gendarmes tout le long de cette file (c’était une de ces vastes opérations de récupération de pognon dont notre administration est friande) et donc, les chanceux ne s’étant pas fait radariser déboîtaient les uns après les autres sans cligno devant un groupe de gendarmes trouvant ça tout à fait normal.
Morale, il est anti-citoyen que j’ai eu l’outrecuidance d’emprunter la voie rapide a 4 km/h au-dessus de la vitesse limite (alors que ce faisant je ne mettais personne en danger) mais tout à fait normal de changer de file sans aucune signalisation.
Ça résume assez bien l’ambiance parisienne…
Luc
26 janvier 2008 à 16:58
rectification..
Après avoir épluché le code de la route sur LegisFrance, contrairement à ce que j’avais appris étant jeune à l’autoécole, celui qui met son clignotant n’est pas pour autant prioritaire, dosons alors qu’à défait de relever du code de la route, respecter sa manoeuvre relève du savoir vivre…
Luc
18 mars 2008 à 21:21
Excellent article ! Et excellent site.
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Merci !
23 octobre 2008 à 20:35
Bonjour, votre analyse semble bien travaillée, mais j’ai une remarque à faire quand même. En une année à partir du lancement de l’opération “Vélib’” il y a eu une augmentation de 70% du nombre de cycliste dans la capitale, et pourtant l’augmentation du nombre de tués ‘n’est que” de 21% dans le même temps. Cela se traduit pour chaque cycliste par une diminution d’environ 30% le risque d’avoir un accident.
Je vous invite à consulter le site de la FUBicy :
http://www.fubicy.org/spip.php?article195
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Bonjour,
Tout à fait.
Sauf que l’augmentation de 70% du nombre de cyclistes cache de grandes disparités. Qu’est-ce qu’un “cycliste” ? Quelqu’un qui enfourche un vélo une fois par an, par mois, par semaine, par jour ?
Dans l’ensemble, il est amusant de constater le rapprochement entre les problématiques d’accidentologie des deux-roues, avec ou sans moteur.
Pour les 2RM aussi, la stagnation actuelle du nombre annuel de victimes, qui sert de prétexte à une répression accrue des motards par les pouvoirs publics, masque une augmentation considérable du nombre d’utilisateurs de deux-roues motorisés, notamment de scooters. Donc en fait, le nombre de tués proportionnellement à la population motarde est en baisse, et de beaucoup.
Même phénomène que pour les vélos.
Autre ressemblance, la dissociation entre accidentalité et responsabilité. Les deux-roues partagent une même vulnérabilité. Ils sont sur-représentés parmi les victimes de dommages corporels car ils ne bénéficient pas de la protection d’une carrosserie.
Comme le dit la FuBiCy, “sur l’ensemble des accidents corporels, en moyenne au niveau national, les cyclistes impliqués sont moins souvent responsables que l’autre conducteur (automobiliste, cyclomotoriste, ou conducteur de poids lourd). Selon un autre rapport de la Sécurité Routière, dans 4 accidents mortels sur 5, le cycliste n’était pas en infraction.”
C’est la même chose pour les motos, l’automobiliste est responsable dans 70% des accidents.
Dernier élément de rapprochement, l’attitude des médias grand public, qui reprennent sans analyse le discours du gouvernement et fustigent à l’envi les comportements de telle ou telle catégorie, au gré du vent, sans montrer d’une part que l’incivisme est généralisé, d’autre part que les incivilités sont plus souvent le fait des usagers les moins vulnérables.