22 mai 2007...02:24

Savoir freiner à moto (et en scooter)

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Si les freins ont fait d’énormes progrès sur les motos modernes, le processus de freinage n’est pas évident à maîtriser, surtout en situation d’urgence, justement quand on en a le plus besoin. Il ne suffit pas de tirer sur le levier pour “bien” savoir freiner.

Le freinage d’urgence est l’un des aspects les plus délicats de la conduite d’un deux-roues. Il s’agit de donner à la fois assez de puissance sur les freins pour s’arrêter à temps, mais pas trop, pour éviter le blocage ou le dérapage de la roue freinée (surtout l’avant), en l’absence bien sûr d’un dispositif d’antiblocage ABS.
Si votre moto ou scooter possède l’ABS, voire le freinage couplé, le problème se pose beaucoup moins…

Je vais d’abord parler du freinage à moto, puis en scooter. Il existe des points communs, mais surtout des différences, surtout sur la position de conduite. Les “scootards” auront toutefois intérêt à lire la partie moto.

En voiture, une roue qui dérape n’assure plus sa fonction directrice et le véhicule devient incontrôlable.
À moto ou à scooter, bloquer la roue avant sous l’effet d’un freinage trop prononcé est encore plus dommageable puisque l’effet gyroscopique stabilisant le véhicule s’interrompt brusquement, entraînant la chute de façon inévitable si la moto n’est pas bien en ligne.
Si la roue avant est bien droite, il est possible de “rattraper le coup” en soulageant la pression sur le levier, en relâchant le frein pour permettre à la roue de repartir en rotation.

Un blocage de la roue arrière porte moins à conséquence. Si la moto est bien droite, l’arrière va “dribbler”, se bloquer et rebondir, ce qui peut se contrôler. Si la moto est penchée, l’arrière va déraper et partir à gauche ou à droite. Il suffit de relâcher le frein pour que le deux-roues se remette de lui-même dans son axe.

Il n’est pas étonnant dans ces conditions que la perte de contrôle d’un deux-roues se produise essentiellement lors des phases de freinage (voire l’étude MAIDS, analysée dans l’article “L’accidentologie moto, deuxième partie“).

D’où l’énoncé d’une évidence qui est souvent rappelée dans les stages de perfectionnement de conduite : le meilleur freinage d’urgence, c’est celui que vous n’aurez pas à faire.

Certes, savoir freiner permet de diminuer considérablement les risques d’accident.
Mais il est encore plus sûr de savoir anticiper sur les situations à risque pour arriver dessus à vitesse réduite et ne pas avoir à effectuer un freinage violent.

Examinons les raisons du risque de chute lors d’un blocage de roue.
D’abord, une moto repose sur des pneus étroits : le point de contact entre le pneu et la route ne dépasse pas quelques centimètres carrés.
Ensuite, lors d’un gros freinage, la suspension arrière de la moto va se délester et la fourche va s’enfoncer : c’est ce qu’on appelle le transfert de masse.
La majeure partie du poids de la moto et du pilote, augmenté de la force d’accélération, va s’exercer sur ces quelques cm2 de gomme. Pas facile à contrôler, surtout quand la route est humide, trempée ou verglacée.

Si votre moto est dotée d’un ABS, pas de question à se poser, vous écrasez les freins. Mais sur la majorité des motos en circulation, un freinage efficace et sûr exige une procédure précise qui n’est pas naturelle. Il faut donc s’y entraîner dur pour qu’elle devienne un réflexe.

Freiner trappeur mais pas bourrin

Pour freiner juste, toujours garder le regard au loin. Cela permet non seulement d’anticiper les ralentissements et d’éviter les surprises, mais aussi de voir comment éviter l’obstacle.
La position du corps joue aussi. L’appui sur les repose-pieds sur lesquels doit porter le poids du corps (et non sur les fesses), genoux serrés et bras en position tendue (mais pas verrouillés) évitent de glisser vers l’avant et garantissent la tenue de cap. De plus, la maîtrise d’un éventuel blocage de la roue avant sera meilleure.

Certains formateurs de conduite vous diront de verrouiller les bras.
Personnellement, je suis contre car en cas de collision, cela vous empêchera de plier les bras pour amortir le choc. Résultat, l’énergie de l’impact se propagera plus haut et viendra vous démettre ou vous fracturer l’épaule…

Afin de gagner une précieuse seconde en cas d’urgence, il vaut mieux maintenir deux doigts en permanence sur le levier de frein. Serrez la poignée des gaz entre l’index et le pouce, laissez le majeur et l’annulaire sur le levier, le petit doigt prêt à se poser dessus. Puisqu’il s’agit d’une question de dosage, l’utilisation du petit doigt est recommandée : il apporte une dose de sensibilité supplémentaire et se situe à l’extrémité du bras de levier (là où un faible effort permet une grande efficacité). Pour freiner fort et juste, utilisez vos quatre doigts, pas juste deux ou trois !

Là aussi, c’est en opposition avec le discours

L’attaque sur le levier doit être progressive pour transférer progressivement le poids sur la roue avant. L’utilisation du frein arrière aide à limiter ce transfert.

Freiner de l’avant ET de l’arrière !

Lors d’un freinage puissant, c’est l’avant qui aura le plus d’adhérence, c’est donc du frein avant qu’il faudra le plus freiner. Mais pour limiter l’effet de transfert de masse vers l’avant, il faut commencer par actionner le frein arrière. Cela procure plus de stabilité et permet d’exercer plus d’effort sur la commande avant.

Un freinage « classique » (sans couplage ni assistance ni ABS) laisse le pilote gérer le dosage entre frein avant et arrière.
En théorie, la puissance d’un freinage efficace et sûr doit être répartie à 60 % sur l’avant et 40 % sur l’arrière, certains disent 70 / 30 %.
Toujours en principe, la configuration différente des freins avant et arrière permet de solliciter d’égale manière les deux leviers.
En effet, les dispositifs de freinage équipant la roue avant et arrière sont disproportionnés: un seul disque avec un étrier à deux pistons à l’arrière (voire un tambour sur les anciens modèles ou deux d’entrée de gamme) ; double disque avec des étriers à quatre, voire six pistons, à l’avant (sans parler des étriers radiaux et des disques “marguerite”, réservés à l’avant).

Sincèrement, quand vous avez un 33 tonnes qui déboîte brutalement à trois mètres devant votre gueule, vous croyez vraiment que vous allez calculer: “bon alors, je mets 70% sur l’avant, 30% à l’arrière…” ?!?
Vous allez écraser les freins, comme tout le monde, sans discernement, sans réfléchir.

Dans la réalité, discerner la limite à ne pas franchir pour éviter ce tant redouté blocage de la roue avant demande de l’entraînement.
Vous devrez utiliser vos deux freins, mais avec une légère avance sur le frein arrière. Il n’y a que le frein avant qui permet de s’arrêter, mais il ne faut en aucun cas le dissocier du frein arrière et du frein moteur.
La pression sur le frein arrière devra rester toujours la même, entraînez-vous à bien la sentir. En appuyant sur la pédale du bout du pied, vous allez sentir un “point dur”: inutile d’appuyer plus fort, cette pression est suffisante.

Quant à l’embrayage, n’y touchez jamais lors d’un freinage d’urgence, sauf dans le dernier mètre pour éviter de caler et pour couper la poussée résiduelle du moteur. Le débrayage annule la relation moteur/roue arrière. Se trouver en roue libre, c’est risquer un blocage immédiat de la roue arrière, une perte de stabilité, une distance de freinage rallongée…

Eviter le blocage de roue

L’amorce de blocage se ressent soit par un crissement du pneu, soit par le sentiment que la moto dévie de sa trajectoire. On sent la fourche se raidir et le guidon vibrer. Il faut tout de suite relâcher la pression sur les freins, soulager le levier, puis reprendre instantanément la pression, en modulant l’effort.

Si vous arrivez à sentir quand la moto va basculer sur le côté, il est encore possible de redresser la moto (et la situation). Il faut parvenir à inverser les appuis. La moto part à gauche ? Contrebraquez à droite, sortez les épaules à droite, serrez les genoux et pesez de tout votre poids sur le repose-pied droit. Si la moto commence à partir sur la droite, faites l’inverse.

Même si c’est le réflexe naturel que nous avons tous, ne sortez pas la jambe pour poser le pied à terre. C’est le meilleur moyen de se faire très mal.
Par contre, essayez de donner un coup de pied vertical pour redresser la moto. C’est efficace, mais dangereux: il faut apprendre à donner le coup de pied avec la jambe bien verticale, en étant sûr que la cheville est bien maintenue et que vous n’allez pas prendre tout le poids de la moto dans le genou.

Sur les motos à vocation sportive, redoubler d’attention sur sol mouillé. Les pneus typés course ne montent pas facilement en température et les disques surdimensionnés, avec des commandes radiales (étriers, maître-cylindre), offrent beaucoup de mordant.
De même, en milieu urbain, on évitera les freinages sur les bandes blanches, les passages piétons, les bouches d’égout…

Trop tard, je m’y mets…

Tout en ralentissant, cherchez une solution d’évitement, surtout si vous avez un automobiliste collé à votre roue arrière. Bien souvent, il est possible de pratiquer un évitement, même à grande vitesse, ne serait-ce que pour se donner quelques mètres supplémentaires pour s’arrêter bien en ligne. Si vous arrivez trop fort sur un obstacle, freinez un coup, évitez-le et reprenez le freinage.
Encore mieux, apprenez à pratiquer un évitement tout en freinant.

Le meilleur freinage d’urgence, c’est celui qu’on évite !

La première règle est la moins souvent appliquée : garder un espace libre suffisant pour s’arrêter. Rappel: à 130 km/h, la distance d’arrêt complet est d’au moins 96 mètres. Et encore, sans un éventuel « retard à l’allumage », quand la circulation est dense ou que le motard est fatigué par sa journée de travail.
Sur ce point, lire l’article “Où regarder ?“.

Deuxième règle : rouler sur une moto bien entretenue, avec des plaquettes de freins en bon état, des pneus gonflés correctement, un liquide de freins non périmé, des durites qui ne fuient pas, des disques de freins aux normes… Et si possible équipée d’assistances au freinage : anti-blocage ABS, couplage avant-arrière, voire assistance hydraulique.

Troisième règle : s’adapter aux circonstances. Quand on démarre, pneus et freins froids, qu’on n’est pas encore bien réveillé, il faut se ménager des marges d’arrêt plus grandes. Se souvenir que la distance de freinage double sur route mouillée. Se méfier des débuts et fins de journée, surtout en hiver, quand la visibilité n’est pas optimale et qu’on n’est pas au top de sa vigilance.

Comment s’entraîner ?

Le freinage d’urgence étant une activité « réflexe », il est important de savoir que les automatismes, ça se travaille !

Par soi-même, d’abord. Trouvez un lieu isolé de la circulation, avec un revêtement propre , et testez les réactions de votre moto. D’abord doucement pour chauffer le pneu, puis en appuyant de manière de plus en plus intense sur le levier.

Avec un stage de perfectionnement de conduite moto, ensuite. Il existe différents organismes et plusieurs formules de stage, le plus souvent avec votre propre moto : AFDM, Casim, Beltoise Evolution, BMW Sécurité, Ecole Monneret…
Concernant le freinage, le meilleur stage que j’ai suivi est celui du Centre de maîtrise de la route, à Nivelles (Belgique). Après avoir suivi le stage de perfectionnement niveau 1 (une journée, 150 euros), vous aurez accès au niveau 2 (une journée, 175 euros) qui est très axé sur le freinage, avec notamment l’utilisation de motos à roulettes pour s’entraîner à maîtriser le blocage sans risque de chute.
Voir l’article “Perfectionner sa conduite moto“.

A lire également, cette page du site d’annonces “France Moto”, bien pensée.
Ne pas oublier la page technique sur la distance de freinage et d’arrêt.

Freiner en scooter
Le freinage retient toute l’attention des constructeurs de scooters, qui proposent de plus en plus sur leurs véhicules des systèmes d’assistance tels que freinage couplé et ABS.

Il existe désormais de nombreux scooters équipés d’un système de freinage dit combiné (ou couplé ou intégral) qui permet de ne plus se soucier de la répartition du freinage entre les deux roues. Dans ce cas, le levier gauche commande à la fois le frein arrière et le frein avant, et répartit la puissance de façon optimale entre les deux roues.
Attention, en cas de freinage d’urgence, ce système ne dispense pas de solliciter également le levier droit, qui ne commande pour sa part que le frein avant. Mais, même dans ce cas, le travail du répartiteur automatique recule considérablement les limites de blocage.

Deux types de technologie sont actuellement employés par les constructeurs pour offrir un freinage combiné.
La plus simple et économique est de relier les deux leviers de frein par un câble, de façon à ce que la sollicitation du levier gauche agisse simultanément sur le levier droit (sans que le levier droit n’interagisse sur le gauche). Inconvénient de ce système : le pilote perçoit les interactions des deux leviers, il faut donc s’y habituer.
Une autre solution, plus sophistiquée, consiste à relier le levier gauche aux freins avant et arrière par un système hydraulique. Dans ce cas, en plus de son action sur le frein arrière, le levier gauche agit simultanément sur l’un des pistons de l’étrier avant (système Honda) ou sur l’un des deux disques avant (système Piaggio).
À l’usage, ces deux systèmes offrent le même agrément.

Comme dans la moto, de plus en plus de scooters sont équipés de système anti-blocage ABS.
L’intérêt de l’ABS est évidemment d’empêcher tout blocage de roue au freinage et par conséquent, toute perte de contrôle dans ces conditions.
Attention : ce système n’a absolument pas vocation à diminuer les distances de freinage. Au contraire, il se peut qu’elles soient rallongées, surtout si l’ensemble pneumatique-suspensions n’est pas capable de repousser suffisamment les limites de blocage de roue et donc le déclenchement de la modulation de pression de l’ABS.

Bien entendu, l’ABS peut être associé à un système de freinage combiné, voire à une amplification électronique de la puissance, qui démultiplie la force musculaire exercée aux leviers. Exactement comme sur le système BMW EVO Integral.

14 commentaires

  • Bonjour ami motard,
    Je suis une des presonnes qui t’ont accompagné lors du stage que tu as vécu au Centre de
    maîtrise de la Route de Nivelles. J’étais ce jour là ton moniteur. Je parcours ton site depuis un mois environ. Je dois dire que tes explications me plaisent et que je compte bien m’en inspirer si le besoin s’en fait sentir ( tout à ton honneur).
    Je suis content de voir qu’il y a des gens comme toi qui prennent le temps de bien comprendre les choses pour mieux les pratiquer. A mon sens, si les techniques de pilotage sont importantes à assimiler, il est aussi nécessaire de prendre le temps de la réfrexion afin d’éviter les situations délicates.
    Respect et bonne continuation.

    - – -

    Réponse

    Salut Gauthier !

    Si je m’attendais…
    Merci de ton message et de tes appréciations.

    Mais dis-moi: si tu parcours mon site “depuis un mois environ” alors que j’ai suivi le stage au CMR il y a quinze jours, tu étais donc au courant de mon identité. Petit cachottier…
    ;-)

    Au plaisir de se revoir !

  • Quelques petits commentaires d’un (tres moyen) pilote amateur:
    “L’attaque sur le levier doit être progressive: on tire progressivement (mais avec rapidité et force) sur le levier pour transférer progressivement le poids sur la roue avant.”
    Je suis persuadé qu’un bon freinage est un freinage degressif (comme en voiture): fort (mais pas bourrin) au debut puis on relache progressivement jusqu’au point de corde
    “Il est préférable de freiner énergiquement tant que la moto a de la vitesse et de poursuivre “decrescendo” (du plus fort au moins fort) et non l’inverse, comme nos réflexes naturels nous y incitent (plus on s’approche de l’obstacle, plus on freine).”
    ah mince, c’est dit!
    “Puisqu’il s’agit d’une question de dosage, l’utilisation du petit doigt est recommandée ”
    Mouais, sur les bonnes becanes modernes (bon j’ai des etriers 6 pistons, disque “marguerite”), l’index et le majeur suffisent amplement à faire un soleil…
    “Encore mieux, apprenez à pratiquer un évitement tout en freinant.”
    Oui!!! Paris est un bon entrainement…
    “En revanche, si vous devez freiner fort et en ligne, mais sans surprise, vous pouvez commencer par rétrograder deux ou trois rapports très vite, afin de tirer le maximum parti du frein moteur, puis entamer votre freinage ensuite.”
    ?? mouais, sur un bicylindre, si tu fais ça t’es par terre
    Un bon freinage (type piste), c’est frein arriere puis vite frein avant (fort, tres fort), on descend les rapports (certains tombent tout d’un coup d’autres non) et surtout on oublie pas le coup de gaz avant de relacher l’embrayage (equivalent du talon pointe en bagnole) sinon tu perds l’arriere (surtout en bi)
    Et sinon quid du freinage en courbe?
    En tous cas bien, tres bien ecrit et tres peu (pas?) de betise
    - – -
    Réponse

    Encore une fois, je précise et rappelle que je n’écris pas pour la piste, mais pour une conduite de sécurité sur route.
    J’ai toujours roulé sur bicylindre et la rétrogradation rapide d’un ou deux rapport(s) à la suite ne m’a jamais causé de problème. Effectivement, si on se trouve très haut dans les tours et qu’on descend d’un coup trois rapports, la roue arrière va se bloquer, c’est clair…
    Quant au freinage, je n’en ai pas parlé car il est difficile de faire de la théorie sur ce point précis, c’est une question de dosage, donc de pratique et d’entraînement.

  • merci pour tout ca aide pour un novice merci

  • Salut,

    c’est mon frangin qui m’a adressé ton site, suite à la référence que tu fais vers le mien (ouah, cool :-) ).

    J’ai lu avec intérêt cet article, m’étant moi-même vautré 2 semaines après le permis suite à un blocage de l’avant : l’erreur classique du débutant, frein avant écrasé pour éviter de rentrer dans l’arrière d’une voiture qui a déboité pour changer de file sans vérifier derrière elle… Et pourtant je n’allais pas vite !

    J’ai eu le malheur (bonheur?) de renouveller l’expérience du freinage d’urgence il y a à peine une semaine, cette fois-ci un automobiliste (parisien, toujours !) a décidé au dernier moment de tourner à gauche, alors que j’étais en train de le dépasser…
    Et bien cette fois j’ai eu le réflexe de jouer à l’ABS avec le frein avant, tout en maintenant le frein arrière au même niveau. Pression-relâchement réguliers sur l’avant dès que je sentais que ça mordait un peu trop. Résultat ? Distance de freinage certes rallongée, mais au moins je me suis retrouvé à 20cm du véhicule, et encore debout.

    Ah oui, pour la petite info je roule également en bicylindre (tu dois le savoir déjà ;-) ) et je confirme que le frein moteur est très important dessus. En revanche, détail de taille, ma transmission est à cardan (comme pour les BMW) et il faut faire, du coup, très attention si on descend des rapports trop bas, comme le 2nd ou, surtout, le 1er, qui menacent de bloquer la roue arrière si on lâche l’embrayage trop vite.

    Comme tu l’as si bien dit (tes articles sont un régal à lire) il faut de l’entraînement.
    Et comme lu dans un commentaire, Paris est un excellent centre d’entraînement… :)

  • j’ai lu un article très interressant sur le freinage en urgence. Malheureusement je ne retrouve plus le lien (je l’ai toujour chez moi en pdf, m’sieur le webmaster, si sa vous interresse!).
    Celui ci d’une étude très serieuse (nombreuses mesures prise avec 2 motos, avec plusieurs appareils tels qu’un accelerometre, radars, etc…)sur différent type de freinage possible. Freinage avec ou sans frein avant, frein arriere, avec ou sans retrogradage… bref toutes les possibilités!
    En conclusion, après près de 300 mesures, les tests donnent le meilleur resultat au freinage suivant (avec quelques mesures moyenne):
    -fermeture complete de l’accélérateur (à0.00s)
    -application frein arriere (à 0.07s)
    -application frein avant (à 0.16s)
    -débrayage!! (à 0.21s)
    Bref,le rétrogradage augmente les distances de freinage!!!! Il est indiqué aussi, l ‘importance du frein avant qui prime sur l’arrière: se concentrer d’avantage sur l’avant quitte à “oublier” l’arriere!

    voila, j’aurai appris quelque chose!J espere que vous aussi ;)

    Réponse

    Il est évident que le rétrogradage allonge la distance de freinage, puisque pendant la (courte) période de débrayage, on perd le frein-moteur. Le rétrogradage pendant un freinage d’urgence est à éviter.
    Par contre, en cas de freinage appuyé, puissant mais contrôlé, le frein-moteur n’est pas à négliger et le rétrogradage apporte une meilleure efficacité.

    A part ça, le PDF m’intéresse, mon adresse email figure dans la page “Pourquoi ce site ?”

  • Bonjour Fabien,

    Merci pour cet article très instructif.
    Possesseur d’une BMW avec ABS je me pose néanmoins les questions suivantes.
    J’ai entendu dire que le freinage avec ABS devait être progressif ce qui est le contraire de ce que j’ai appris au permis. Est-ce le cas ?

    Doit-on s’entrainer au freinage de manière différente si l’on a des ABS ?

    Les stages BMW de sécurité sont sur moto sans ABS je crois.

    Merci pour tes reponses.
    @phares.
    Julien.

    - – -

    Bonjour Julien,

    Les stages au centre BMW de conduite de sécurité s’effectuent en effet sur des R1200R sans ABS. Logique pour apprendre à freiner.
    Maintenant, faut-il freiner en dégressif ou en progressif ? Plusieurs écoles s’affrontent sur ce sujet. Comme souvent, rien n’est 100% bon ou mauvais, cela dépend des situations. Globalement, dans le cas d’un freinage d’urgence, il est plutôt conseillé de freiner en dégressif, fort d’abord, puis en relâchant lentement l’effort pour éviter de bloquer la roue. C’est d’autant plus facile avec un freinage ABS qui va éviter de bloquer la roue lors de l’attaque sur le levier.
    Cela dit, je n’ai jamais entendu parler d’une préconisation de freinage progressif propre à l’ABS. Je n’en vois d’ailleurs pas l’utilité. Pas question de dire que c’est faux, mais je ne vois pas ce que cela apporterait.
    Sauf peut-être sur surface à faible adhérence, sur le mouillé ou sur des graviers, par exemple, pour éviter le déclenchement de l’ABS et donc de rallonger la distance de freinage. Cela pourrait avoir un sens.
    L’ABS ne nécessite pas d’entraînement particulier, au contraire. Il permet de freiner à fond quelles que soient les conditions, en sachant que l’on ne risque pas de bloquer la roue. Mais en cas de faible adhérence, le déclenchement répété de l’ABS entraîne un allongement de la distance d’arrêt.

  • Bonjour,

    Une précision sur le type de freinage sans ABS : au début du freinage, la roue tourne vite et a donc beaucoup d’inertie. C’est à ce moment qu’il faut freiner fort, le plus fort même, puis relâcher doucement le levier (ou la pédale), au fur et à mesure du ralentissement. La vitesse diminuant, l’inertie de la roue également, en procédant ainsi on diminue le risque de blocage. Le freinage doit donc être dégressif pour être le plus efficace … et sans chute !
    Concernant l’attaque AR/AV : il ne faut pas réfléchir et attraper les 2 en même temps.
    Pour freiner de l’avant, il faut : 1°) couper les gaz avec une rotation de la main 2°) ouvrir la main et allonger les doigts pour attraper le levier 3°) tirer le levier (avec tous les doigts, c’est plus sensible et il n’y en a pas un qui reste coincé !).
    Pour freiner de l’AR, il faut : 1°) déplacer le pied au dessus de la pédale 2°) appuyer sur la pédale.
    En décidant de freiner simultanément, le frein AR sera actionné quelques millisecondes plus tôt que l’AV, ce qui suffit à assoir la moto, diminuer le transfert de masse et donc la distance d’arrêt.

  • Tout cela c’est bien beau, mais quid quand tout cela doit de faire en une fraction de seconde…(ex: arriver trop vite -beaucoup-)devant un courbe, Aie! ça ne passera jamais!!! Sauter sur les freins; blocage et “tout droit’… cela m’est arrivé 3x en un peu + d’un an (problème avec les pneus?) Il n’y a jamais eu qu’une – mauvaise- solution: tout lâcher et prier qu’il y a rien dans le “tout droit”…

    - – -

    Réponse

    Je ne pense pas que cela soit la seule solution…
    Tout d’abord, arriver beaucoup trop vite dans un virage relève d’une mauvaise gestion de l’approche du virage, de la trajectoire d’entrée.
    Ensuite, comme je l’ai déjà dit, bien des virages qui semblent trop difficiles à passer peuvent être négociés avec un bon placement du regard. Pour passer, il faut faire l’effort de ne plus regarder le bas-côté, l’obstacle, mais la sortie, loin devant, et surtout en tournant la tête, pas seulement les yeux.
    Enfin, la position du motard sur la moto peut souvent être améliorée, notamment les appuis sur les pieds. Tant que les repose-pieds ou la béquille ne raclent pas par terre, une moto peut largement être penchée bien plus loin qu’on ne le croit.

    Dans la situation que tu décris, l’erreur (outre une mauvaise entrée en virage) a été de freiner.
    Si tu freines, tu pars forcément tout droit, tu ne peux plus pencher.
    Et d’expérience, il faut vraiment arriver très fort dans un virage pour être obligé de freiner. Cela m’est arrivé aussi et à chaque fois, c’était une erreur de placement de la moto sur la chaussée ou un mauvais placement du regard. A chaque fois, je sais que j’aurais pu passer en plaçant mieux mon regard.

  • Je confirme la réponse de Fabien, et plutôt deux fois qu’une !
    La seule solution si on arrive trop vite dans un virage, c’est d’essayer de le prendre quand même.
    C’est contraire aux vieux réflexes ancestraux qui te font rester droit et debout sur les freins, à regarder le fossé qui se rapproche. Pourtant, en plaçant le regard sur la sortie du virage, là où l’on veut aller, et bien …. on y va. Gaz coupés, sans freiner ou très peu pour ne pas bloquer, la moto ralentit bien, les frottement dans le virage l’y aidant. C’est la moins mauvaise solution mais la plus difficile à acquérir comme un réflexe.
    Salut à toi Fabien, bon courage pour la rentrée.
    Jean (CASIM44)

  • Bonjour Fabien,
    Avant tout, merci pour cet excellent article, clair et parfaitement structuré.
    J’ai toutefois une toute petite observation : sachant que la puissance de freinage d’une moto est plus forte que celle d’une voiture, je m’attendais à trouver quelquepart dans l’article une description du petit coup d’oeil dans le retro avant freinage qui permet de confirmer qu’un freinage appuyé est bien la bonne option, encore que dans le cas décrit du 33T débouchant la question se pose moins…;-)
    Un autre point concerne le dosage : pour un freinage appuyé et en ligne, j’ai plutot tendance à attaquer le frein un peu fort (pour “casser” la vitesse) puis relacher légèrement ensuite quitte à ré-attaquer à nouveau si besoin cela permet aussi -me semble t’il- de retrouver assez vite un peu de maniabilité lorsde la phase de relachement du levier. Probablement une transposition du freinage Auto. Qu’en penses tu ?

    Tout dernier point : le lien : http://flatfab.wordpress.com/2007/02/12/perfectionner-sa-conduite-moto/ n’est plus actif. Celui-ci : http://flatfab.wordpress.com/2007/11/11/perfectionner-sa-conduite-moto/ est peut-être préférable.

    @bientot

    Olivier

    - – -

    Réponse

    Bonjour Olivier,

    Lien corrigé, merci de l’avoir signalé.

    La supposée puissance supérieure de freinage d’une moto par rapport à une auto n’est pas avérée. Une moto dispose d’un système de freinage plus puissant, certes. Mais sur une seule roue (l’avant) et pour une surface de contact très réduite (du fait de la rondeur du pneu). Sur une voiture, on frein avec deux roues bien larges, bien planes, avec une surface de contact pneu/route bien plus étendue.
    Au total, une moto ne freine pas toujours mieux qu’une voiture, Motomag l’a montré il y a quelques années.

    Néanmoins, dans le cadre d’un freinage appuyé ET anticipé, il peut s’avérer utile de regarder derrière soi si on n’est pas suivi de trop près, c’est certain.
    Mais dans le cas d’un freinage d’urgence, sincèrement, on a autre chose à faire…

    Il y a deux écoles: le freinage progressif et le freinage dégressif, dont tu parles.
    Chacun possède ses avantages et inconvénients. Le dégressif permet en effet de retrouver de la maniabilité pour effectuer un éventuel évitement. Mais l’article traite surtout de la meilleure manière de s’arrêter sur la moindre distance. Il s’agit avant tout de s’arrêter !
    Même si je dis bien qu’il est souvent préférable d’effectuer un petit évitement qu’un gros freinage.

  • Salut à tous,

    Concernant le freinage dégressif (je freine très fort à l’attaque du freinage lorsque la vitesse donne beaucoup d’inertie à la roue AV puis je relache progressivement en fonction de la diminution de la vitesse), les pistards utilisent exclusivement cette technique. Pourquoi ? Pour avoir la plus forte décélaration possible (et donc ne pas se faire pourri au freinage) ! CQFD, à appliquer lors des freinages d’urgence …

    Jean.

    • Bonjour,

      Oui Jean et c’est grâce à ce freinage que Rossi est allé jardiner au dernier Moto GP.
      Je pense qu’on peut utiliser le freinage dégressif avec un ABS qui préviendra de la perte d’adhérence.
      Quoi qu’il en soit les rares freinages d’urgence que j’ai du effectuer je n’ai jamais eu le temps de me poser des questions sur ma technique et je n’ose pas trop m’entrainer!

  • Salut !

    Très bien fait ton tuto !
    Un bémol cependant car après 13 ans de gros cube, je suis passé au scoot avec un PX 125

    Le moteur est monté sur la roue arrière : A l’arrière (donc) et très bas.
    Attention pour le freinage des scoots : Le transfert des masses se fait beaucoup moins sur la roue avant et il faut freiner autant de l’avant que de l’arrière (voir : plus de l’arriere sur le mouillé)

    Enfin… C’est une experience assez récente et il faudrait peut être affiner. Mais je pense qu’il faut le savoir.

    Bye !

    Claude

  • Le bon freinage c’est quand on s’arrête avant le choc, qu’on taxe tous les autres en entrée de virage ou que l’on fait un max de km avec les plaquettes en “tourisme”. Mais Yan, Jean a raison pour le gros freinage et Rossi peut tomber, nous n’arrivons pas à sa cheville. Et ce qui me fait bien rire c’est la théorie, le dogme devrais-je dire du poids sur les repose-pieds ! Ouaf ! Pour ça observer Valentino et tous ceux qui essaient de l’imiter !

    - – -

    Réponse

    J’espère que c’est clair pour quelques-uns, parce que moi, j’ai rien compris…


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