22 mars 2007...02:26

Pourquoi rouler en deux-roues ?

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Expliquer les raisons pour lesquelles les deux-roues motorisés deviennent de plus en plus présents sur nos routes et dans nos rues peut paraître inutile. Une très large majorité de la population convient que les deux-roues contribuent à une meilleure mobilité, à condition d’être utilisés de manière intelligente et responsable. La question reste plutôt de déterminer si cette “tendance” se reflète dans notre comportement: achetons-nous vraiment plus de deux-roues et les utilisons-nous pour bénéficier d’une meilleure mobilité ?

La première des grandes tendances du marché et du monde de la moto est la plus évidente: le succès des motos et des scooters n’est pas près de diminuer. Les problèmes de circulation demeurent un thème central pour presque toutes les catégories de population, aujourd’hui majoritairement urbaine ou rurbaine, et les deux-roues motorisés sont de plus en plus considérés comme une solution pour réduire la perte de temps dans les embouteillages.

L’effet “boule de neige” aidant, les acheteurs d’une moto ou d’un scooter se font de plus en plus nombreux, ce qui modifie à la fois la composition, le comportement et donc l’image de la population d’usagers de deux-roues, contribuant au succès croissant de ces modes de transport, et ainsi de suite.
On peut s’en plaindre comme s’en réjouir, en constater les avantages et les effets pervers, mais le phénomène est là.

Si le succès des deux-roues depuis 15 ans s’explique en grande partie par leurs atouts en matière de mobilité urbaine, d’autres fondements se dessinent par les grandes tendances du marché: moins de motos super-sportives, plus de motos sans carénage, plus de maxi-scooters, plus de motos 125cc…
Moins d’esbrouffe, de bruit, de consommation de carburant et de moto “loisir réservé à la belle saison”. Plus de confort, de maniabilité avec des véhicules orientés vers un usage quotidien dans des conditions diverses.

Ce qui n’empêche pas la persistance de la moto comme loisir grâce à la modularité.
Les roadsters décarénés d’aujourd’hui offrent autant de puissance que les sportives d’hier, dont ils reprennent d’ailleurs souvent l’essentiel (moteur, freins), tout en devenant plus maniables et faciles à utiliser dans la circulation urbaine.
Grâce à l’évolution technologique, avec de multiples possibilités d’équipement pour plus de protection, de bagagerie et de confort, les roadsters sont devenus polyvalents et peuvent être utilisés pour se rendre au travail, faire de petites balades ou partir en voyage.

Autre fondement du succès et de la modification de l’image de marque: les efforts en matière de sécurité, de confort et de protection de l’environnement.
Utilisé depuis les années 1990 sur les grandes routières, le système d’antiblocage des roues ABS a fait son apparition (quoiqu’encore souvent en option) sur les autres segments de gamme. Les moteurs modernes répondant à la norme Euro 3, dotés d’une injection électronique plus efficace que les carburateurs, équipent désormais la quasi-totalité des modèles en vente. Différentes évolutions dans les domaines de l’éclairage (phares à ampoule xénon, optiques complexes, feux anti-brouillard) et de la visibilité (clignotants et feu arrière à leds) ont permis d’accroître la sécurité des motards et des autres usagers de la route.

Les utilisateurs de deux-roues disposent aujourd’hui des machines les plus évoluées qui aient existé dans ce domaine, à des prix sans cesse plus bas et accessibles au plus grand nombre. D’où une extension croissante de leur spectre d’utilisation: non seulement une même moto peut convenir à un nombre croissant d’usages (avec des limites dans chacun d’entre eux), mais il apparaît continuellement de nouveaux engins, toujours plus spécialisés, qui élargissent l’offre.
L’offre créant la demande, on assiste ainsi à une explosion de la communauté des utilisateurs en une multitude de sous-groupes spécialisés, rarement solidaires, souvent concurrents, qui se rassemblent parfois lorsque leur existence ou leurs valeurs semblent menacées, le principal ciment de ces différents groupes restant leur opposition (plus ou moins radicale, depuis la simple affirmation de la différence jusqu’à la rébellion) au reste de la société et à ses gouvernants.

Les motos, le marché de la moto (et des scooters) et leurs utilisateurs connaissent une évolution manifeste. A la condition de voir les autorités locales et nationales adopter une politique intelligente et constructive, on peut espérer que les deux-roues motorisés deviendront bientôt un des modes de transport des plus naturels.
Dans ce subtil échange permanent en triangle – fait d’images (image de marque, clichés, préjugés), de rapports de fascination/répulsion et rejet/désir d’intégration, de rapports de force… -  entre la communauté des utilisateurs, la population générale et les gouvernants de la société, chacun doit comprendre et assumer ses responsabilités, et les faire comprendre aux autres, pour parvenir enfin à des rapports pacifiés.


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