29 janvier 2007...23:43

Les chiffres de l’accidentologie moto en France

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Analyse et réflexions sur les accidents impliquant des deux-roues motorisés, avec au passage quelques démontages d’idées reçues et des pistes pour diminuer les risques d’accident à moto.

Les chiffres de la sécurité routière (ou plutôt de l’insécurité, voire ce que certaines associations appellent la “violence routière”)sont l’objet chaque année d’un bilan provisoire en janvier, puis d’un autre définitif vers le milieu de l’année suivante, entre mai et juillet.
Cet article est destiné à suivre l’évolution de ces chiffres.

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Pour 2008

Rendu public en janvier 2009 par l’ONISR (Office national interministériel de sécurité routière), le bilan provisoire de l’accidentologie en 2008 faisait état d’une baisse de 2,2 % du nombre de tués parmi les accidentés conducteurs de deux-roues motorisés de plus de 50 cm3.

Au final, la baisse est bien plus importante, puisque le bilan définitif publié en juin 2009 fait état de 844 tués à moto (soit une baisse de 4,4% par rapport à 2007) et 313 en cyclomoteur (-14%) sur l’ensemble de la France.

Sur cinq ans, entre 2003 et 2008, le nombre de motocyclistes (conducteurs de deux-roues de 125 cm3 et plus, scooters et motos confondus) a baissé de 22%.
Une baisse encourageante, qui va à l’encontre des grands discours gouvernementaux selon lesquels les motards sont tous des délinquants routiers, mais qui reste également très inférieure à l’évolution générale (baisse moyenne de 44,3% du nombre de tués entre 2003 et 2008 pour l’ensemble des usagers).

La mortalité des usagers de deux-roues, particulièrement dans la tranche d’âge des 25-44 ans, reste préoccupante.

Toutes catégories confondues, le bilan pour 2008 relève 76.767 accidents corporels pour 4.443 personnes tuées et 96.905 blessés dont 36.179 blessés hospitalisés.
Cela représente par rapport à 2007 des baisses de 8,4 % du nombre d’accidents, de 8,2 % pour le nombre de personnes tuées, de 9,2 % du nombre de personnes blessées et de 9 % pour le nombre de blessés hospitalisés.

A noter la part importante de l’outre-mer dans ce bilan, puisque si on compte seulement le territoire métropolitain, les chiffres passent à 74.487 accidents, 4.275 tués, 93.198 blessés.

Pour la première fois, le nombre de blessés sur les routes descend en dessous du seuil des 100.000 personnes avec 96.905 blessés en 2008 contre 106.709 en 2007.
Ils étaient encore plus de 200 000 en 1991.

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Pour 2006

Tous véhicules confondus, le nombre de tués à 30 jours sur les routes françaises a diminué de 11,5% entre 2005 et 2006.

Le bilan fait état de 80.309 accidents corporels de la circulation en France métropolitaine en 2006. Ils ont provoqué la mort de 4.709 personnes (contre 5.318 en 2005) et entraîné 102.125 blessés, dont 41.869 hospitalisés pendant plus de 24 heures et environ 20.000 handicapés à vie.
Parmi ces quelque 4.700 personnes tuées sur les routes, 769 conduisaient un 2RM (deux-roues moteur) des catégories MTT1 et MTT2, hors cyclomoteurs de moins de 125cc.

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Pour 2005

Les chiffres définitifs, diffusés par l’ONISR (Office national interministériel de la sécurité routière) depuis mai 2007, proposent une segmentation par types d’usagers: les motos représentent 10,11% des accidents en milieu urbain et 9,51% des accidents en campagne.

Mais là encore, on peut les interpréter de différentes façons, selon que l’on raisonne en données brutes, par rapport à la population des usagers, au parc (estimé) de véhicules ou au kilométrage parcouru (lui aussi approximatif).
Par contre, on voit d’emblée la différence entre la part des motos dans les accidents (9,92%) et la part dans les victimes (17%), le tout rapporté au parc estimé (3%) et au trafic estimé (1%).

Plutôt que des chiffres à la fois bruts et flous, examinons leur évolution.
Il faut retenir que le nombre de tués à moto a baissé de 12,7% entre 2005 et 2006 (769 tués en 2006 contre 881 un an auparavant).
Notons au passage que ce chiffre est d’un point plus élevé que la baisse enregistrée pour l’ensemble des véhicules (-11,5%).

De plus, non seulement le nombre de tués baisse en valeur absolue, mais il chute par rapport au nombre de véhicules en circulation et plus encore du kilométrage total parcouru par catégorie de véhicules.
Non seulement le nombre d’usagers de 2RM (deux-roues moteur de plus de 50cc) est en forte augmentation (+ 50% entre 1998 et 2005 en Île-de-France ; + 17% entre 2005 et 2006 en France), mais la fréquence et la durée de leur utilisation augmentent également (ils ne servent plus seulement à la belle saison pour les loisirs, mais de plus en plus souvent pour des trajets quotidiens).
Conséquence: le nombre de tués à moto rapporté au nombre de pratiquants n’a jamais été aussi bas depuis la publication des chiffres de la Sécurité routière.

Les usagers de deux-roues ne sont donc pas plus imprudents que les autres.

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Analyse

Sachant que la France compte environ un million de motards (détenteurs du permis A) et à peu près 30 millions d’automobilistes (permis B), les motards représentent en gros 17% des victimes pour 3% des usagers.

Il est en revanche difficile d’établir des rapports de proportion selon le parc ou le kilométrage parcouru car en fait, personne ne possède de données précises sur la population d’usagers réels de deux-roues, ni même sur le nombre de véhicules à deux-roues motorisés en France (entre 2,5 et 3,5 millions, à la louche) et encore moins sur le kilométrage qu’ils effectuent chaque année.

Peu importe les chiffres exacts, c’est le rapport entre eux qui est important: en cas d’accident, le risque de mourir à moto s’avère beaucoup plus élevé qu’en voiture…
Ce qui relève de l’évidence puisque l’usager en deux-roues ne dispose pas d’une carrosserie ou d’airbags pour le protéger, ni d’une ceinture de sécurité pour éviter l’éjection.

Si on rapporte les chiffres donnés au nombre de kilomètres parcourus (bien moindre en moto qu’en voiture, environ trois fois moindre en moyenne par véhicule, mais aucune mesure précise n’a été réalisée), le facteur multiplicateur de risque s’envole.
Les statistiques gouvernementales estiment que les motards représentent environ 0,8 à 1 % du trafic, ce qui motive l’allégation selon laquelle la probabilité de décès est très supérieure à celle des automobilistes.
On oublie juste de préciser: “en cas d’accident”.
Le fait que les motards soient plus souvent tués ou blessés quand ils ont un accident ne signifie pas qu’ils aient proportionnellement plus d’accidents que les automobilistes !

La question demeure: risque-t-on plus un accident sur une moto que dans une voiture ?

Le nombre d’accidents corporels intervenus chaque année est un chiffre global, qui ne tient pas compte du type de véhicule.
De plus, autant un accident de moto est quasi automatiquement un accident corporel, autant nombre d’accidents de voitures ne sont que de la tôle froissée.

Ils sont même moins enclins à commettre des erreurs de perception, qui sont la principale cause d’accident. Selon l’étude Maids, les conducteurs qui possèdent le permis voiture et le permis moto commettent à peu près deux fois moins d’erreurs de perception et de compréhension de la situation (26,4% contre 51%).

2 commentaires

  • il y a beaucoupdemort en france en moto c’est super grave

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    Ouais, trop grave…

  • Il y a quand même un problème avec les motards.
    Les motos représentent 1 % du trafic mais provoquent 1157 morts.
    Les véhicules légers font 2256 morts.
    Pourtant toute la répression porte sur les véhicules légers.
    Il faut que les motards acceptent une remise en question de leur conduite.

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    Réponse

    OK pour la remise en question, je pense que ce site est là pour ça.
    Par contre, faudrait déjà réfléchir sur des chiffres sûrs.

    Le bilan 2008 de la sécurité routière fait état de 844 tués à moto (125 et plus) et 313 en cyclomoteur 50 cm3, soit 1157 tués en deux-roues moteur (source ONISR).
    Ce qui ne veut pas dire que tous ces morts soient des motards, loin de là. Il y a une forte proportion de scooters parmi les cyclos et les 125 cm3.
    Les chiffres de l’administration française distinguent les 2RM selon leur cylindrée, et non la distinction moto / scooter.

    En 2005, on comptait (environ) 467.000 véhicules 125 cm3 et 710.000 de plus de 125 cm3.
    En 2008, il s’est vendu plus de deux-roues 125 que de “gros cube”.
    Difficile d’extrapoler sur la sur- ou sous-représentation de ces usagers 125 parmi les tués en 2RM. On sait juste que les conducteurs de 125 ont plus d’accidents, mais sont moins tués que les conducteurs de plus de 125 cm3.
    Dans tous les cas, il est abusif d’affirmer que les “motards” (détenteurs du permis A) constituent la totalité des 844 tués en 2008.

    Il faut aussi noter que ces chiffres de mortalité routière (et non d’accidentalité) sont en baisse, comme pour les autres catégories d’usagers, même si la baisse est moindre. On compte 4,3% de morts en moins parmi les motocyclistes (je rappelle, scooters et motos mélangés, 125 cm3 et plus) entre 2007 et 2008. Et 22% de morts en moins en cinq ans, entre 2003 et 2008. Ce n’est pas encore assez, mais c’est déjà un bon début.

    Quant à dire que les motos représentent 1% du trafic, c’est un chiffre éminemment contestable.
    Tout simplement parce que personne n’est capable de donner avec certitude le parc de deux-roues moteur en France, ni leur kilométrage annuel parcouru.
    Lire l’article “Combien sommes-nous ?


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