23 janvier 2007...16:43

Celtic Tour 2004

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Récit d’un voyage moto en Bretagne, Irlande et Ecosse, accompli seul en deux semaines en mai 2004.

Au printemps 2004, j’ai décidé de partir visiter l’Irlande et l’Ecosse.

Profitant de l’occasion de la quatrième rencontre nationale de la liste RT en Bretagne, j’ai commencé mon voyage le jeudi de l’Ascension avec le départ pour la RT04, 700 km de petites routes depuis Paris jusque Loctudy. Déjà la chance côté météo, j’ai eu le même ciel bleu pendant six jours de suite.
Le samedi, après le départ du resto à Camaret, j’ai quitté le groupe pour me rendre à Roscoff où j’ai pris un ferry d’Irish Ferries pour Rosslare.

Avant cela, comme j’avais oublié ma tenue de pluie en partant (j’ai beau me montrer souvent optimiste sur la météo, faut quand même pas abuser quand on part en Irlande et en Ecosse, même fin mai), je suis allé acheter une tenue cirée à la coopérative maritime de Roscoff.
J’ai trouvé un ensemble de marque Ocean à 56 euros, assez pratique, une veste avec un col qui monte très haut, capuche escamotable, serrage aux poignets, pantalon avec zips d’aisance en bas: pas typé moto, mais ça m’a bien dépanné et ça peut servir ensuite pour un passager.
Je suis aussi allé acheter à manger car la bouffe coûte très cher à bord des ferries, il faut toujours penser (quand on en a le temps) à emmener son manger.
La traversée coûte déjà bien assez cher comme ça: 150 euros pour une moto et son conducteur en tarif le moins cher (et en basse saison, multiplier par deux pendant l’été), sans cabine, juste un siège réservé, très inconfortable, dans une pièce surchauffée, sorte de grand dortoir collectif avec des Polonais qui parlent à voix haute et rigolent jusque deux heures du mat’…
Les voyages forment la jeunesse, qu’ils disaient !

Départ à 19h le samedi, arrivée le dimanche à 11h30 au port de Rosslare, au sud-est de l’Irlande, en-dessous de Wexford. Grande route parfois en quatre voies vers Waterford et Cork.

Faut s’habituer à rouler à gauche, pas si difficile, ça fait un peu bizarre aux ronds-points, mais c’est tout, j’ai l’habitude de doubler à droite ;o)))

Mais des fois, quand on ne fait pas attention, il est facile de se positionner à droite, par réflexe, après un changement de direction, une frayeur, une hésitation, tout ce qui fait perdre la concentration.


Je connaissais déjà le sud de l’Irlande pour y être venu il y a dix ans, je suis donc passé assez vite, mais je vous conseille tout de même Kilkenny et sa bière, Cashel et son château, Caher…

Après Cork, je suis descendu vers la côte pour la longer jusque Skiberren. Kinsale est connu comme un joli port de pêche, départ de courses transatlantiques, mais si vous aimez les vrais villages de pêcheurs qui ont gardé leur authenticité, il faut aller jusque Timoleague, sur la route de Clonakilty. Les maisons sont toutes construites pareil, mais chacun est peinte d’une couleur différente, souvent dans des tons pastel et parfois plus vifs, c’est magnifique au soleil de fin de journée.

Je suis remonté vers Bantry et son très joli château, la route longe toujours la côte et la baie de Bantry, on roule à dix mètres de la mer.

Première nuit un peu plus loin, dans un camping près de Glengariff et mauvaise surprise: même en Irlande, même en mai, il y a déjà des “midges” !
Les midges, ce sont des sortes de moucherons, minuscules, peut-être un demi-millimètre, mais pas inoffensifs du tout: ils piquent et sucent le sang comme des moustiques. Sauf qu’ils ne font pas de bruit et s’insinuent partout, absolument partout, même à travers les moustiquaires, par nuages entiers. Dès que vous restez plus de 30 secondes au même endroit, ils vous encerclent et ne vous lâchent plus, entrent dans le casque, les narines, les oreilles…
Même la pluie battante ne les décourage pas et peu de répulsifs sont vraiment efficaces. Ils sont la huitième plaie d’Egypte, une malédiction jetée sur l’Ecosse et l’Irlande entre avril et novembre dans tous les endroits un peu humides.

Comme je semble particulièrement les attirer, j’ai ensuite dormi en auberges de jeunesse, voire en “bed and breakfast” quand les tarifs le permettaient.
Les B&B coûtent en effet entre 25 et 30 euros par personne. A deux, c’est pas donné, mais si on considère que le peit déjeuner inclus est en général franchement copieux et permet de sauter le déjeuner ou de se contenter d’un en-cas léger, cela peut valoir le coup car la nourriture coûte cher en Irlande, difficile de rester en dessous de 20 euros pour un vrai repas dans un resto, même basique.
Le problème est que les B&B appliquent des “single rates” de 50% quand on y dort seul puisqu’on occupe une chambre double. Et là, à 40-45 euros la nuit, cela n’est plus compétitif du tout !

Le lundi, j’ai parcouru les trois “rings”, les grandes péninsules du sud-ouest de l’Irlande. D’abord le Ring of Beara, le plus petit, le moins connu, le plus sauvage et pas le moins sympa des trois.
Le paysage de la Healy Pass est enchanteur, c’est là que j’ai commencé faire frotter la béquille, souvent sur des compressions car les routes irlandaises sont très bosselées. Le revêtement est bon, mais la chaussée ne reste jamais plane, ça secoue constamment ce qui empêche de rouler vite et finit par être fatiguant pour les bras et le dos.
J’ai fait tous les jours entre 400 et 500 km et, hormis certaines étapes de liaison, je suis toujours resté avec une moyenne de conduite entre 50 et 60 km/h. Difficile d’aller plus vite sur ces routes, même en carburant bien, mais au moins, cela laisse le temps d’admirer le paysage.

Après le Beara, j’ai enchaîné sur le Kerry et Dingle. Toujours des routes très sympa, pas trop de monde, des points de vue somptueux, un mariage extraordinaire entre la montagne, la roche qui affleure partout, les falaises, la mer toujours présente, la lande brunâtre, les champs d’un vert extraordinaire, les moutons en liberté partout, un habitat très dispersé avec des fermes et des cottages isolés dans les endroits les plus inattendus…

Difficile à décrire, mais j’ai ramené pas mal de photos.

Dans le Ring of Dingle, je suis allé tout au bout, à Slea Head, et même encore un peu plus loin, sur le dernier bout de route carrossable, le point le plus à l’ouest de l’Europe atteignable en moto (si on excepte l’Islande et le Groënland).
Route très sympa également dans la Connor Pass, mais difficile, je n’aimerais pas la faire de nuit. Heureusement, les journées sont déjà longues et je n’avais plus loin à aller, passé la nuit à Tralee.

Le lendemain, remontée le long de l’estuaire du Shannon, vraiment très large par endroits, jusque Limerick, puis route par Ennis et Liscannor vers les Cliffs of Moher, les “falaises de la désolation”, un à-pic de 200 mètres au-dessus des vagues (pas 600, j’ai confondu les pieds et les mètres).
Endroit très touristique, beaucoup de cars, on ne reste pas longtemps.
Mieux vaut continuer à monter vers le nord à travers les Burren, une région aux paysages quasi lunaires, une lande désolée constellée de pierres, de mégalithes, de dolmens… Là encore, c’est au-delà des mots.
Longé la côte jusque Galway, ville universitaire, très jeune, très sympa.
Continué à longer la baie de Galway jusqu’aux premières îles du Connemara, Lettermore et Gorumna, reliées entre elles par d’étroits ponts de pierre pour former un petit monde à part, entre terre et mer, avec toujours des couleurs extraordinaires entre le ciel, la mer, l’herbe, les rochers.
Je crois que le Connemara est un des plus beaux pays que j’ai jamais vu.
Passé la nuit à Letterfrack, près de Clifden.

Le mercredi, petit tour dans le Connemara et le “Joyce Country”, le pays de James Joyce, entre Leenane et Cong. Toujours ces contrastes entre montagnes et marais, cette symbiose entre le brun et le vert, la rigueur de la roche et la douceur des grands lacs de Lough Corrib et Lough Mask.
On pourrait y passer une vie sans s’en lasser.

Mais il faut bien poursuivre le voyage, alors on repart vers Westport, on longe la côte déchiquetée de la baie de Newport, on va voir un peu vers l’ouest sur Achill Island.
Les courants chauds du Gulf Stream arrivent ici en direct depuis l’autre bout de l’Atlantique, il fait très doux, très humide, un climat presque tropical qui favorise la pousse de toutes sortes de plantes.
En l’occurrence, les plus répandues sont l’ajonc et le rhododendron, le paysage est parsemée de taches violettes et jaunes. Au début de l’Atlantic Drive, la route qui fait le tour d’Achill Island, on roule entre deux murs de trois mètres de haut de rhododendrons en fleur.
J’ai vu des collines tellement couvertes d’ajoncs en fleur qu’elles semblaient nimbées d’or au soleil.

Une fois revenu à l’intérieur des terres, la route jusque Sligo par Ballina n’a par contre pas grand intérêt, c’est une lande tourbeuse et désolee, aux longues lignes droites monotones.
Après Sligo, la route de la côte par Bundoran redevient déjà plus intéressante.
Il est déjà tard, pas le temps d’aller visiter les deux grands lacs jumeaux autour d’Enniskillen, le Lower Lough Erne et l’Upper Lough Erne. Nuitée à Donegal.

Le hasard a fait qu’un groupe de motards bretons du Morbihan, que j’avais croisé sur Achill Island, est arrivé le soir dans le même hôtel que moi à Donegal. Deux hommes, deux femmes, elles sur une 650 Transalp, eux sur une Africa Twin et un VFR.
Le lendemain, ils m’ont emmené aux falaises de Slieve League, que je ne connaissais pas: superbes ! Une petite route à sens unique, une barrière à passer, des petits virages très serrés avec des pentes à 20% et au bout, des falaises de granit de 400 mètres, un paysage comparable aux Côtes d’Armor en plus grand.

Mais le temps presse, j’ai un ferry à prendre à Belfast.
Je trace tout droit par Ballibofey et Strabane jusque Londonderry, Limavady. Juste avant Coleraine, bouchon de près d’un kilomètre. Je remonte la file: c’est un barrage de l’armée britannique, véhicules blindés, soldats vigilants qui contrôlent les voitures, fusil d’assaut avec chargeur engagé. L’Ulster reste un pays à moitié en guerre.
Je passe sans problème et fonce vers la Chaussée des Géants.

Le Giant’s Causeway, c’est une particularité géologique unique au monde. A cet endroit et nulle part ailleurs, la lave s’est solidifiée puis le basalte s’est cristallisé à la dernière ère glaciaire en se cassant selon des formes hexagonales, formant des piliers en strates, de telle sorte qu’on dirait des dalles empilées.
Ce n’est pas aussi long ni aussi haut que je l’avais imaginé, mais c’est étonnant.

Arrêt d’une petite heure sur place et il faut reprendre la route.
Passé Ballycastle, la région d’Antrim jusque Belfast est magnifique. La route A2 serpente entre les Antrim Mountains, coupées des Glens of Antrim (“glen” signifie vallée en gaëlique, en Irlande comme en Ecosse), et la Coast of Antrim.
La chaussée a été refaite récemment, c’est un bonheur. Je croise des sportives, hélas en sens inverse, personne avec qui arsouiller, pffff…

Ferry de la Stena Line au port de Larne pour Cairnryan, de l’autre côté de la mer d’Irlande.
Dix minutes avant le départ arrive une GSX-R qui vient se stationner à côté de la RT. Je retrouve le pilote au bar, on a discuté tout au long de l’heure et demie de traversée. C’est un soldat anglais qui a pris dix jours de permission pour aller assister au Tourist Trophy sur l’île de Man, il veut passer prendre sa copine en Angleterre avant d’emprunter le ferry pour Douglas, un trajet de 600 km dans la nuit sur une super-sport, il n’a pas peur…

A l’arrivée vers 22h, trop tard pour chercher un camping et pas d’auberge de jeunesse dans ce coin paumé du sud-ouest de l’Ecosse, il m’emmène dans un B&B de Stranraer à 18 livres la nuit (25 euros, ça va encore).

C’est parti pour l’Ecosse !
Route jusque Glasgow, rien de remarquable, grande ville industrielle, beaucoup de bouchons. Petit trajet d’autoroute jusque Stirling, petit ville chargée d’histoire car son château contrôle la circulation entre les Highlands et les Lowlands.
La légende dit que “qui contrôle Stirling contrôle l’Ecosse”. Du coup, les environs ont vus plus de grandes batailles entre Anglais et Ecossais que tout autre coin du pays. Non loin de là, beau monument à la mémoire de William Wallace, le héros de la résistance écossaise, célébré dans le film “BraveHeart” de Mel Gibson.
Les Ecossais sont très très fiers de leurs racines, presque toutes les voitures portent l’autocollant bleu frappé de la croix blanche de Saint-André, pour bien montrer leur origine malgré la plaque d’immatriculation britannique.

De Stirling, jolie petite route au milieu des Grampian Mountains, la grande chaîne de montagnes qui marque le début des Highlands, vers Inverness.
Le jour tombant, je rejoins l’autoroute A9. Bonne arsouille avec une CBR600F jusqu’à ce que le gars s’énerve vraiment et me laisse sur place.

Après la nuit à Inverness, ville sans aucun intérêt, je prends la route dite “Wester-Ross” qui coupe d’est en ouest. Et là commence la magie des Highlands, un paysage comparable au Connemara, mais en encore plus grand, plus sauvage, plus majestueux.
D’abord sous la bruine, puis sous une pluie battante à partir du déjeuner à Ullapool, je monte toujours vers le nord à travers ce pays qui perso me touche au plus profond.

Quelques motards locaux sur la route, on est samedi, et malgré la pluie, ils sortent, c’est le week-end tout de même. A 90% des sportives et quelques gros trails. Et ils s’en foutent des hallebardes qui nous tombent sur le coin du casque, ils ne traînent pas, je n’oserais pas rouler à une telle vitesse sous la pluie !

Plein d’essence au dernier moment à Durness, j’ai failli tomber en panne, mais je ne remplis pas tout car le carburant est hors de prix ici.

Je comptais pousser jusqu’à la petite ville de John O’Groats, en face des Orcades et des Shetland, mais je n’en peux plus, je me suis tapé plus de six heures de pluie continuelle, je m’arrête à Thurso.

Auberge de jeunesse très sympa, accès internet gratuit, fish and chips bien servi, douche chaude, ça fait du bien.
Quant à l’ambiance d’un bled paumé de l’Ecosse profonde un samedi soir, j’imagine que cela doit être semblable dans bien des villages d’Europe: ça se bourre la gueule et ça se bagarre.

Le lendemain matin, le brouillard écossais a décidé de faire des siennes.
Je vais à Dunnet Head, la pointe la plus au nord de la Grande-Bretagne, mais je pourrais tout aussi bien être en plein champ, on n’y voit pas à dix mètres.
Et malgré cela, certaines voitures roulent tous feux éteints ! Idem sous la pluie. Les bagnoles ici se traînent, les limites de vitesse (à peu près comparables aux nôtres, mais plus basses sur autoroute) sont globalement respectées, quoique certains tracent sévère quand ils s’y mettent. Les conducteurs sont très courtois, laissent facilement passer, ne grillent jamais la priorité. Mais par contre, l’usage des feux est visiblement tout à fait secondaire. Bizarre !

En redescendant vers le sud le long de la côte est, j’assiste à quelques scènes magnifiques de brouillard tentant de résister aux rayons du soleil, de nuages inondant de petites vallées en bord de mer que la route surplombe, on a l’impression d’être en haute montagne.

Instant magique que je n’ai pas réussi à fixer quand des nappes de brume semblent monter à l’assaut des tours Renaissance du château de Dunrobin entouré de forêts…


Retour à Inverness, j’y rencontre un BMiste alsacien en R1150RS, on part ensemble voir le Loch Ness, je poursuis dans la très jolie vallée de Glen Affric, je me mange un orage du tonnerre de Brest, nouveau retour sur Inverness trempé comme une soupe et adieu aux Highlands pour aller dormir dans le Speyside.

Au matin du dernier jour en Ecosse, descente de la vallée de la Spey jusque Aberdeen, puis idem dans la vallée de la Dee jusque Perth.
Beautés de la campagne écossaise verte et vallonée. C’est là que la reine Victoria a choisi de vivre en son château de Balmoral, qui reste résidence royale. Plein d’autres châteaux baronniaux dans cette région très prisée de la noblesse anglaise.

Gros moment d’éclate après Braemar. La route monte dans le Glen Clunie, et passé le col de Cairnwell à 665 mètres, redescend dans le Glen Shee. Elle virole de partout et s’avère aussi bosselée que les routes irlandaises (le reste du réseau routier écossais est excellent). Et là, malgré les plus de 400 kg de l’ensemble moto+pilote, je vais tellement vite que je sens à deux reprises la RT quitter le sol des deux roues pendant une ou deux secondes. C’est très long, surtout qu’il faut veiller à retomber bien en ligne pour préparer le virage qui arrive juste après ! Je peux vous dire que cela fait bizarre.


De façon générale, je me suis aperçu au cours de ce voyage que je péchais souvent par excès de confiance. Après 80.000 km, je connais par coeur ma machine, je sais ses réactions dans toutes les situations et j’ai tendance à trop me reposer sur cet acquis.
Le fait d’avoir une moto hyper maniable ne permet pas d’arriver dans un virage 20 km/h trop vite quand on est super chargé et qu’on pèse 80 kg de plus que d’habitude, surtout quand on ne connait pas la route…
A ce jeu-là, la moindre erreur de placement de la moto sur la chaussée (j’entre encore souvent trop à l’intérieur) ou de regard se répercute tout de suite. Je n’ai jamais fait de tout droit, mais heureusement que j’ai appris à freiner fort sur l’angle paske ce fut parfois très juste !

Je vous la fais courte pour la fin.
A partir de Perth, plus rien d’intéressant, je suis allé prendre le ferry à Rosyth, près d’Edimbourg, pour Zeebrugge, en Belgique.
Soirée à Bruxelles et retour à Paris mercredi.

Et voilà, c’était bien, c’était super et maintenant, je n’ai qu’une envie: y retourner !
Revoir le soleil se coucher sur la baie de Galway, l’embouchure du Shannon, les îles du Connemara (et ses lacs, bien sûr)…

If you ever go across the sea to Ireland,
Then maybe at the closing of your day,
You will sit and watch the moon rise over Claddagh,
And see the sun go down on Galway Bay.

Just to hear again the ripple of the trout stream,
The women in the meadow making hay.
Just to sit beside a turf fire in the cabin,
And watch the barefoot gosoons at their play.

For the breezes blowin’ o’er the sea from Ireland
Are perfumed by the heather as they blow
And the women in the uplands diggin’ praties
Speak a language that the strangers do not know.

Yet the stangers came and tried to teach us their way.
They scorned us just for bein’ what we are.
But they might as well go chasing after moon beams,
Or light a penny candle from a star.

And if there’s is going to be a life hereafter,
And somehow I am sure there’s going to be,
I will ask my God to let me make my heaven,
In that dear land across the Irish sea.

(c) Arthur Colahan

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