Les motards ne déblatèrent pas tant sur les scooters à cause de leur mauvais maniement, mais plutôt de leur comportement dans la rue. Beaucoup de conducteurs de scooter 50 et 125 ne tiennent pas compte des autres usagers, conduisent comme s’ils étaient seuls. Ils ne tournent pas la tête, se faufilent partout, se garent n’importe comment, prennent les trottoirs et les sens interdits, fument, téléphonent, lisent et écrivent des SMS en roulant…
Tous les motards ne roulent pas en vitesse excessive, voire en excès de vitesse.
Tous ne font pas des roues arrière et ne donnent pas des coups de pied dans les portières…
Il y a des scooteux qui roulent très bien. Il y a des motards qui roulent très mal.
Pas de généralisation, ni d’amalgame.
Mais je ne pense pas trahir la réalité en disant que si d’un côté, la plupart des motards roulent (trop) vite sur route (en dehors des villes, sur voie rapide, etc. ), la plupart (pas tous) des scooters commettent eux leurs erreurs de conduite en ville, dans les rues…
Je dirais que la plupart des scooteux roulent “mal” en ville et que la plupart des motards roulent “mal” hors ville. Chacun son terrain.
Or le conflit se crée dans les zones de cohabitation, c’est-à-dire… en ville.
Le motard se sent souvent menacé par les scooteux qui roulent n’importe comment et risquent de lui rentrer dedans.
Moi qui pense conduire de façon assez prudente et responsable, surtout en ville (pas toujours sur route, j’avoue), j’observe simplement que la majorité des scooteux prennent beaucoup de risques en ville, surtout par ignorance, inconscience.
Alors que la majorité des motards (mais pas tous, loin de là) roulent plus “sagement”, ou tout au moins font plus attention, observent plus.
Cela dit, je ne tape pas sur les scooteux en disant qu’ils sont tous débiles.
C’est plutôt de l’inconscience. Ce n’est pas que le scooteux soit stupide par nature, c’est qu’il n’a pas été formé. Pour nous motards, la gestion du risque parait (ou devrait paraître) naturelle parce que nous y avons été formés. Le scooteux “standard” n’a pas reçu cette formation, cette sensibilisation. On ne peut pas lui en vouloir, c’est l’Etat qui lui permet de rouler en deux-roues avec son permis voiture.
Quelques scooteux en prennent conscience, font attention, s’équipent bien, suivent des stages de conduite…
Mais c’est rare, hélas.
La solution ne peut résider que dans une meilleure formation / sensibilisation envers les conducteurs de scooters, quelle que soit la cylindrée, mais surtout sur les 50 et les 125.
La plupart des comportements dangereux ou gênants des scooteux viennent du fait qu’ils reproduisent les comportements d’automobilistes. Ils ne pensent pas qu’ils sont en deux-roues et que c’est différent. Parce qu’ils ne le savent pas, qu’on ne leur a pas appris.
En deux-roues, on ne bouge pas pareil sur la chaussée, on n’occupe pas la même place, ni le même volume. On n’observe pas de la même manière. On n’accélère pas pareil, on ne freine pas pareil…
Tout est différent et il faut savoir s’adapter.
Et quand on ne sait pas s’adapter tout seul, on va voir des professionnels qui vont enseigner comment faire… ou on prend conseil auprès d’autres usagers plus expérimentés.
Voilà donc quelques conseils que je peux donner aux usagers de scooters désireux de rouler plus en sécurité et plus en “harmonie” avec les autres usagers de deux-roues moteur.
Comme je n’ai pas non plus l’omniscience infuse, vous êtes libres d’ajouter vos propres remarques et conseils.
Le plus important: plus et mieux observer.
Tourner la tête pour surveiller l’angle mort latéral, des deux côtés. Surveiller les rétros. Toujours savoir ce qu’il y a devant, derrière, sur les côtés et en tenir compte.
Donc respecter les distances de sécurité en avant et sur les côtés.
Signaler les manoeuvres.
Quand on change de direction, de voie, de position sur la chaussée, on contrôle d’abord visuellement que c’est possible (rétro + angle mort), on indique (clignotant) et on le fait.
Et s’il y a une moto qui se pointe à l’horizon, on ne fait pas : on attend d’abord de voir ce qu’elle fait, si elle arrive vite ou pas, où elle va… Et ensuite, on agit en conséquence.
Ne pas gêner.
Cela veut dire ne pas rester devant un autre usager alors qu’on va moins vite que lui, ne pas l’obliger à se déporter pour dépasser.
Corollaire: ne pas gêner les mouvements des autres usagers, donc ne pas rester à la hauteur d’un autre deux-roues, sauf à l’arrêt bien sûr. Un scooter ou une moto “bouge” latéralement, il faut lui laisser la place de changer de position sur la chaussée.
Ne pas vouloir à tout prix être devant.
Y a rien qui m’énerve autant !!! Exemple typique: je suis le premier de la file au feu rouge, la roue sur la ligne d’arrêt. Un scooter arrive, double tout le monde et vient se mettre devant, en dépassant la ligne d’effet, en mordant sur le passage piéton et parfois en étant tellement devant qu’il ne voit même plus le feu… Résultat, le feu passe au vert, ce c…ard ne le voit pas, donc ne démarre pas et du coup me gêne.
Quand vous êtes en première ligne, restez vigilants !
Autre cas de figure, j’arrive derrière un scooter, je reste derrière lui, tranquille. Et le gars regarde en l’air, téléphone, discute avec son passager, mate les filles, etc. Le feu passe au vert et le mec ne voit rien…
Quand on se met en premier, on assume.
Laissez la place aux autres !
Troisième cas de figure, le scooter est en premier, j’arrive derrière lui, j’aurais la place de me mettre en première ligne à côté de lui sans le gêner et sans qu’il me gêne. Mais ce blaireau, au lieu de se mettre bien à gauche ou bien à droite de sa voie, reste en plein milieu !
Et comme moi, je respecte les distances de sécurité latérales avec ma grosse moto, je n’ai pas la place de me mettre en sécurité à côté de lui.
Arrêter de griller les feux rouges et de démarrer en anticipation au feu vert.
Les feux, c’est valable pour tout le monde, deux-roues, cyclistes, piétons.
Penser aux autres en se stationnant.
Marre de voir des scooters garés en travers des trottoirs, y compris dans des endroits étroits et/ou très fréquentés.
Un deux-roues, ça se gare au bord du trottoir en laissant au moins 1,50m de libre, pour qu’un fauteuil roulant puisse passer.
Arrêter de téléphoner, de lire ses messages ou de composer des SMS en conduisant.
N’importe quel appel ou message peut bien attendre cinq ou dix minutes que vous soyez arrivé.
Circuler avec le feu de croisement allumé tout le temps, mais pas le feu de route (sauf de nuit hors agglomération).
Marre des T-Max qui roulent avec le feu xénon hyper éblouissant ou le scoot’ 125 qui croit être mieux vu parce qu’il roule en pleins phares.
Porter un casque intégral, en bon état, bien mis et correctement attaché.
Porter des gants, au moins. Et si possible un blouson avec des protections, des chaussures montantes qui protègent la cheville, un pantalon avec des coques aux genoux.
Les conducteurs de scooters sont souvent mal équipés, avec des casques jet, souvent pas attachés, pas de blouson, pas de gants…
Résultat, en cas de gamelle, ils se font mal et ça coûte cher aux assurances.
Et qui paie les assurances ? Nous tous.
Quand un scooteux en 125 se prend une pelle, ça gonfle les stats d’accidents des deux-roues et le gouvernement s’en sert pour dire que les motards roulent comme des dingues. Et les compagnies d’assurance en répercutent les coûts sur l’ensemble des assurés deux-roues.
Arrêter de conduire avec un pied sorti sur le côté.
C’est ridicule, ça ne sert à rien et c’est le meilleur moyen de se retrouver avec la cheville cassée et le pied bloqué sous le scoot’ en cas de chute. C’est pas parce que vous l’avez vu dans “Taxi” que c’est le truc à faire.
De façon générale, à part le dernier point, c’est toujours la même chose : ne pas agir en deux-roues comme vous le feriez en voiture.